En automne au Vatican

Rome: Confirmation: le cardinal von Galen et Charles de Foucauld seront béatifiés

Rome, 14 juillet 2005 (Apic) Le cardinal Clemens August Graf von Galen (1878-1946) sera béatifié le dimanche 9 octobre 2005 dans la basilique Saint-Pierre par le cardinal José Saraiva Martins, a confirmé jeudi Andrea Ambrosi, postulateur de la cause.

La béatification de Charles de Foucauld (1858-1916), qui se tiendra également au Vatican, aura pour sa part lieu le dimanche 13 novembre 2005, a rapporté à I.Media, partenaire de l’Apic à Rome Mgr Maurice Bouvier, postulateur de la cause. Ce jour-là, deux religieuses italiennes, Maria Pina Mastena (1881-1951) et Maria Crocifissa Curcio (1877-1957) seront également béatifiées.

Clemens August von Galen (1878-1946) devrait être le seul à être béatifié lors de la cérémonie du 9 octobre prochain, a confié Andrea Ambrosi. La secrétairerie d’Etat a uniquement mentionné son nom dans sa lettre récemment adressée au postulateur de la cause. Cette date du 9 octobre 2005 a été choisie pour sa coïncidence avec le 1200e anniversaire de la fondation de l’archidiocèse de Münster, le plus vieux diocèse d’Allemagne.

Le cardinal von Galen l’a gouverné de 1933 à 1943. Il était prévu de longue date que de nombreux pèlerins de la région de Münster, au nord-ouest de l’Allemagne, se rendent à Rome à l’occasion de l’anniversaire de la création de leur diocèse. Quelque 10’000 ou 15’000 fidèles allemands seraient déjà attendus à Rome en octobre prochain selon le postulateur, la béatification rendant le pèlerinage encore plus significatif.

Parfois surnommé le «Lion de Münster», Clemens August von Galen était un opposant acharné au nazisme. De sa chaire, il dénonçait en effet les arrestations et les agressions des nazis contre les malades et les juifs. Créé cardinal au lendemain de la guerre, en 1946, il mourut peu de temps après, atteint d’une péritonite. Sur proposition de la Congrégation pour la cause des saints, Jean Paul II lui a officiellement reconnu un miracle le 20 décembre 2004.

Une «glorification» maladroite et malvenue

Pour sa part, Charles de Foucauld (1858-1916), sera béatifié le 13 novembre 2005. Le substitut de la secrétairerie d’Etat, Mgr Leonardo Sandri, l’a confirmé par une lettre reçue par Mgr Maurice Bouvier le 12 juillet dernier. Il n’y a pas été précisé qui la présiderait, mais Benoît XVI a fait savoir que ce ne serait pas lui. Mgr Bouvier attend aussi les conclusions de la Commission réunie par la Congrégation pour la cause des saints afin de revoir les normes concernant les cérémonies de béatification. Ces résultats étaient attendus pour le mois de juillet 2005.

Le postulateur de la cause de Charles de Foucauld ne sait pas encore si la délégation officielle algérienne qui avait accepté de venir à la cérémonie de béatification dont une première date avait été fixée, avant la mort de Jean Paul II, au 15 mai dernier, sera présente le 13 novembre. Les choses se présentent en effet «moins bien qu’au mois de mai». Les 9 et 10 juillet derniers, les deux chambres du parlement algérien ont dénoncé en choeur la loi française du 23 février 2005 «glorifiant la colonisation», selon eux. «La France doit reconnaître au peuple algérien les injustices qu’il a subies durant la période coloniale en lui présentant des excuses publiques», ont estimé les parlementaires algériens, «assurant que le colonialisme ne saurait être fier d’aucun rôle positif, car ce qu’il a réalisé n’est, en fait, qu’un anéantissement de l’identité algérienne».

Outre «le petit frère universel», deux religieuses appartenant à des congrégations italiennes seront béatifiées lors de la cérémonie du 13 novembre prochain. Il s’agit de Maria Pia Mastena (1881-1951) qui devait dans un premier temps être béatifiée le même jour que Charles de Foucauld, le 15 mai dernier, et de Maria Crocifissa Curcio (1877-1957), dont la béatification était prévue à l’origine pour le 24 avril dernier.

Jean Paul II avait reconnu un miracle à Maria Pia Mastena (1881-1951) le 22 juin 2004. La religieuse romaine a été la fondatrice et la première supérieure de la congrégation enseignante et hospitalière des religieuses de la sainte Face..

L’Italienne Maria Crocifissa Curcio (1877-1957) était pour sa part carmélite. Elle a créé, près de Rome, la congrégation des carmélites missionnaires de sainte Thérèse de l’enfant Jésus. Un miracle lui a été reconnu le 20 décembre 2004. (pic/imedia/ar)

Rome: Le cardinal Ratzinger, futur Benoît XVI, ne portait pas Harry Potter dans son coeur

Ces livres qui «déforment le christianisme dans l’âme des enfants»

Rome, 14 juillet 2005 (Apic) Le cardinal Joseph Ratzinger a écrit en mars 2003 que des ouvrages comme Harry Potter comportaient «des séductions subtiles» qui «déformaient profondément le christianisme dans les âmes des enfants».

Le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi répondait par courrier à celui de Gabriele Kuby, une écrivaine allemande qui, dans son livre «Harry Potter – bien ou mal ?», critiquait le best-seller.

A la veille de la parution du 6e tome d’Harry Potter, l’agence Internet LifeSiteNews.com a rendu publiques les deux lettres signées par le futur pape les 7 et 27 mars 2003.

«Il est bon que vous éclairiez les gens à propos d’Harry Potter, parce que ce sont des séductions, qui agissent subrepticement et qui déforment ainsi le christianisme dans l’âme avant qu’elle ne puisse grandir correctement», a écrit le cardinal Ratzinger dans sa première lettre adressée à Gabriele Kuby, le 7 mars 2003. Il la remerciait pour sa lettre du 20 février et pour son livre «informatif» qu’elle y avait joint.

Dans «Harry Potter – bien ou mal ?», l’écrivaine allemand explique que Harry Potter corrompt le coeur des jeunes, empêche que se développe en eux un sens correct du bien et du mal, ayant ainsi un effet dommageable sur leurs relations avec le divin alors que ce rapport est encore dans ses premières phases.

Le Père Peter Fleedwood désavoué

Dans sa lettre, le cardinal Ratzinger a en outre suggéré à sa correspondante d’écrire au Père Peter Fleedwood, alors membre du Conseil pontifical de la culture, et de lui envoyer un exemplaire de son livre. Durant une conférence de présentation d’un document sur le ’New Agé tenue à Rome en avril 2003, le prélat anglais avait en effet fait des remarques positives au sujet du succès mondial de J. K. Rowling, l’auteur de Harry Potter. Le prêtre anglais avait expliqué que «les fées, la magie et les anges» du monde imaginaire avec lesquels toute personne grandissait, «n’étaient pas mauvais» et «ne servaient pas d’étendard pour une idéologie anti-chrétienne», et que les intentions de l’auteur d’Harry Potter semblaient être plutôt celles «d’aider les enfants à faire la différence entre bien et mal». Les médias avaient repris son opinion en titrant que «le Saint-Siège approuvait Harry Potter».

Dans sa seconde lettre, datée du 27 mars 2005, le cardinal Ratzinger «autorisait volontiers» son interlocutrice allemande à rendre public son jugement sur Harry Potter. Ce que LifeSiteNews.com a fait le 13 juillet 2005, trois jours avant la parution de la version anglaise du 6e tome de la série, intitulé Harry Potter et le Prince de Sang Mêlé.

Depuis la parution du premier tome en 1997, la «vague Potter» a déferlé sur deux cents pays, qui ont vu successivement les livres de J. K. Rowling occuper la première place des listes de best-sellers. Déjà traduites en 61 langues et vendues à près de 300 millions d’exemplaires, les aventures de Harry Potter compteront en tout sept volumes. Pour les éditions Gallimard qui en publient la version française, le secret de ce succès des aventures de l’orphelin apprenti sorcier «tient en une alchimie complexe, qui allie les archétypes du conte de fées à une description réaliste des enfants et des adultes». (apic/imedia/ar/pr)

14 juillet 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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