Rome: Congrès européen des professeurs de doctrine sociale de l’Eglise
«La doctrine sociale de l’Eglise n’est pas une troisième voie».
Rome, 20 juin 1997 (APIC) La doctrine sociale de l’Eglise n’est pas une idéologie ou une «troisième voie» souligne Jean-Paul II mais elle doit inspirer la nouvelle évangélisation de l’Europe pour lutter contre «la privatisation de l’éthique», autant qu’elle doit corriger les excès de la globalisation de l’économie qui profite surtout au secteur privé.
Le pape a reçu le 20 juin au Vatican les 135 participants au congrès européen, organisé par le Conseil pontifical Justice et Paix et l’université du Latran et réunissant pour la première fois les professeurs de doctrine sociale de l’Eglise.
Jean-Paul II n’a pas caché que la diffusion de doctrine sociale de L’Eglise constitue l’une des ses plus vives préoccupations. A ses yeux, «la doctrine sociale de l’Eglise ne peut pas être une idéologie, ou une troisième voie, comparables aux autres propositions politiques et sociales, mais elle est justement un savoir théologico-moral qui a son origine en Dieu et qui se communique à l’homme».
C’est ainsi que la doctrine sociale de l’Eglise doit figurer au coeur de la nouvelle évangélisation que le pape attend pour l’Europe. Il estime en effet que «la culture européenne actuelle connaît une forte tendance à privatiser l’éthique et à nier toute portée publique au message chrétien».
La doctrine sociale de l’Eglise, continue Jean-Paul II, refuse une telle privatisation. Elle souligne le primat de l’éthique sur la politique, l’économie et la technologie. Elle est particulièrement utile dans une période où l’Europe traverse une phase agitée et complexe sur le plan de son intégration politique, économique et d’organisation sociale.
Le pape illustre sa remarque avec ce constat : «Les processus actuels de globalisation économique, s’ils présentent de nombreux aspects positifs, manifestent également des tendances préoccupantes à laisser en marge du développement les pays et des zones entières qui en ont le plus besoin. Et c’est surtout le monde du travail salarié qui doit en affronter les conséquences souvent dramatiques imposées par les changements dans la production et la distribution des biens et services économiques».
Le pape conclut : «le secteur le plus avantagé dans les processus de globalisation économique semble être celui que l’on a appelle ’secteur prive’ pour son sens dynamique de l’entreprise. La doctrine sociale de l’Eglise lui reconnaît un rôle significatif dans la promotion du développement, mais elle rappelle en même temps à chacun la responsabilité d’agir avec une vive sensibilité pour les valeurs du bien commun et de la justice sociale. Le manque, sur un plan international, de structures adéquates et de réglementation pour faire face au processus de globalisation, ne diminue pas la responsabilité sociale des opérateurs économiques qui agissent dans ce contexte.» (apic/imed/mp)



