Rome: Consistoire des cardinaux (150694)
«Examen de conscience» de l’Eglise et jubilé au Sinaï pour l’an 2000
Rome, 15juin(APIC) Un examen de conscience public de l’Eglise catholique
n’est pas à exclure de la célébration en l’an 2000 du jubilé de l’avénément
du Christ. C’est ce qu’ont expliqué mercredi, lors d’une conférence de
presse, quatre des cardinaux présents à la réunion extraordinaire du Consistoire tenue à Rome lundi et mardi. L’Année Sainte 2000 sera totalement
’christocentrique’ a confirmé le cardinal Lucas Moreira Neves.
En convoquant cette réunion, le pape avait une double intention. La première était de remettre en route le rôle de conseil du Collège des cardinaux. La seconde visait à «recueillir les avis et les conseils de ses
pairs» pour préparer le jubilé de l’an 2000, même si cette date est en fait
symbolique, puisque historiquement la naissance du Christ a eu lieu six ans
avant la date universellement admise, a expliqué Mgr Jorge Mejia, secrétaire du Collège des cardinaux.
Pour le cardinal Lucas Moreira Neves, ce jubilé arrive à une période de
grandes interrogations, à un moment où les uns attendent le passage magique
à une autre ère, comme l’annonce le «New Age»; les autres l’avénement définitif de la science et de la technique. Il importe alors pour les chrétiens
de remettre le Christ au centre de l’histoire du salut.
Le cardinal Edward Clancy a précisé de son côté la signification de cet
’examen de conscience’ de l’Eglise. Il s’agir de veiller notamment à ne pas
juger le passé avec les yeux du présent, a-t-il souligné. Cet examen doit
aussi être une redécouverte du sacrement de la réconciliation, entre les
hommes, comme entre les peuples. A ce titre, le cardinal nigérian Francis
Arinze a relevé qu’une initiative en faveur de la remise de la dette des
pays africains serait un geste bienvenu.
La dimension oecuménique et interreligieuse de ce jubilé a également été
rappelée. L’idée de Jean Paul II d’une célébration sur le Sinaï a reçu un
accueil favorable des cardinaux, contrairement à ce qu’affirmaient certaines rumeurs. Les cardinaux ont donné leur accord de principe, mais ont souligné que la faisabilité de ce projet devait être soigneusement étudiée,
compte tenu des difficultés politiques et matérielles. «Le Sinaï est le
point de départ d’une tradition qui poursuit sa route à Jérusalem et à Rome». Le choix de ce lieu symbolique n’est pas un retour en arrière, mais se
veut une manifestation de la plénitude de la nouvelle alliance en JésusChrist, a souligné le cardinal Moreira Neves.
Le cardinal Hyacinthe Thiandoum, de son côté, s’est penché sur le
fonctionnement du consistoire. Pour démentir d’abord l’existence de divergences entre le pape et les cardinaux à propos de l’examen de conscience de
l’Eglise et de la célébration au Sinaï. La libre discussion au sein du Consistoire ou au synode des évêques, qui constitue une façon assez nouvelle
d’agir dans l’Eglise, est indispensable, estime le cardinal Thiandoum. On
ne peut plus, à aucun niveau travailler seul, avec, d’un côté, ceux qui décident et agissent et de l’autre les spectateurs. Sans ce changement de
mentalité, l’Eglise risque de ne plus pouvoir mobiliser ses membres.
A la dernière question concernant l’état des travaux de la nouvelle encyclique sur la défense de la vie, demandée par les cardinaux lors du consistoire précédent, Mgr Arinze a simplement répondu: «les travaux avancent». (apic/jmg/mp)



