La fonction cardinale – Histoire et coutumes
Rome: Consistoire du 24 novembre
Rome, 20 novembre 2007 (Apic) Ces électeurs exclusifs du pape sont répartis en 3 ordres, et la couleur pourpre atteste de leur fidélité absolue au saint Père. Ils recoivent symboliquement une Eglise de Rome ou de ses alentours.
A l’origine, la couleur pourpre de la soutane et de la barrette (chapeau à quatre côtés) que portent les cardinaux symbolisait le martyre jusqu’auquel les cardinaux doivent être prêts. «Pour la promotion au cardinalat, le pontife romain choisit librement des hommes qui sont constitués au moins dans l’ordre du presbytérat, remarquables par leur doctrine, leurs moeurs, leur piété et leur prudence dans la conduite des affaires ; ceux qui ne sont pas encore évêques doivent recevoir la consécration épiscopale», indique le Code de droit canon de 1983, au paragraphe 351.
Jusqu’au 11e siècle, ce sont les membres du clergé de Rome et les fidèles du diocèse qui intervenaient dans la nomination du pape. Le mot latin ’cardo, cardinis’ – qui signifie ’pivot’ ou ’gond’ – était donné aux membres du clergé romain qui, occupant un poste fixe, servaient en quelque sorte de pivot à la vie de leur diocèse.
Ils prennent possession de «leur» église au cours d’une cérémonie
Depuis 1059, les cardinaux sont les électeurs exclusifs du pape. Le collège des cardinaux est réparti en trois ordres : l’ordre épiscopal à qui appartiennent les cardinaux auxquels le pontife romain attribue le titre d’une église suburbicaire, ainsi que les patriarches orientaux qui ont été reçus au sein du collège des cardinaux ; l’ordre presbytéral et l’ordre diaconal. A chaque cardinal de l’ordre presbytéral et diaconal, le souverain pontife attribue un titre ou une diaconie à Rome. Ils reçoivent ainsi symboliquement une église de la capitale italienne ou de ses alentours. Ils en prennent officiellement «possession» au cours d’une cérémonie. S’ils ont pour ces églises et leur territoire un rôle de mécène et de conseiller, ils ne possèdent aucun pouvoir administratif sur la gestion de leurs biens, la discipline des prêtres ou le service des églises.
Le nombre des cardinaux, qui d’ordinaire ne dépassait pas 30 du 13e au 15e siècle, a été fixé à 70 par Sixte V. Mais au consistoire du 15 décembre 1958, Jean XXIII dérogea à cette règle. Lors du consistoire du 5 novembre 1973, Paul VI, son successeur, fixa à 120 le nombre maximum de cardinaux ayant cette faculté, disposition confirmée par Jean-Paul II dans la Constitution apostolique Universi Dominici gregis du 22 février 1996.
Paul VI fixa par le Motu Proprio Ingravescentem aetatem du 21 novembre 1970 à 80 ans l’âge auquel les cardinaux cessent d’être membres des dicastères de la curie romaine et de tous les organismes permanents du Saint-Siège et de l’Etat de la Cité du Vatican et perdent le droit d’’élire le souverain pontife.
Les cardinaux appartiennent aux différentes congrégations romaines. Ils sont protocolairement considérés comme des princes héréditaires et portent le titre d’Eminence, puisque durant la vacance du Siège apostolique ils assurent collégialement le gouvernement de l’Eglise. Les cardinaux sont obligés de coopérer étroitement avec le pontife romain ; aussi, les cardinaux qui exercent une charge à la curie et qui ne sont pas évêques diocésains sont-ils tenus de résider à Rome ; les cardinaux qui ont la charge d’un diocèse comme évêques diocésains doivent se rendrent à Rome chaque fois qu’ils sont convoqués par le pape. Quand les cardinaux se trouvent hors de Rome et hors de leur propre diocèse, ils ne sont pas soumis au gouvernement de l’évêque du diocèse où ils résident. (apic/imedia/vb)



