L’ambassadeur de Belgique a présenté la résolution belge

Rome: Controverse sur les propos du pape à propos du préservatif

Rome, 17 avril 2009 (Apic) Rome, 17 avril 2009 (Apic) L’ambassadeur de Belgique s’est rendu vendredi au Vatican après la résolution belge contre les propos du pape sur le préservatif. Frank de Coninck, ambassadeur de Belgique a présenté la résolution belge intervenue une quinzaine de jours plus tôt contre les propos de Benoît XVI sur le préservatif et la lutte contre le sida.

Une démarche diplomatique «inhabituelle» accueillie avec «regret» par le Saint-Siège, a indiqué un communiqué publié le 17 avril par le Bureau de presse du Saint-Siège. Le 2 avril dernier, la Chambre des représentants, à Bruxelles, a adopté un texte «demandant au gouvernement belge de condamner les propos inacceptables du pape lors de son voyage en Afrique et de protester officiellement auprès du Saint-Siège».

L’ambassadeur de Belgique auprès du Saint-Siège, Frank de Coninck, s’est officiellement rendu auprès des autorités diplomatiques vaticanes le 15 avril 2009 afin de présenter la résolution parlementaire belge, a indiqué vendredi 17 avril une note vaticane. Dans un communiqué, la diplomatie vaticane a confié avoir accueilli avec «regret» cette démarche jugée «inhabituelle».

«L’ambassadeur du Royaume de Belgique, sur instructions du ministre des Affaires étrangères, a fait part au secrétaire pour les relations du Saint-Siège avec les Etats (Mgr Dominique Mamberti, ndlr) de la résolution par laquelle la Chambre des représentants de son pays a demandé au gouvernement belge de «condamner les propos inacceptables du pape lors de son voyage en Afrique et de protester officiellement auprès du Saint-Siègé». Cet entretien, a précisé la note officielle, a eu lieu le 15 avril.

Dans son communiqué, «la Secrétairerie d’Etat prend acte avec regret de cette démarche, inhabituelle dans les relations diplomatiques entre le Saint-Siège et la Belgique». En outre, «elle déplore qu’une assemblée parlementaire ait cru bon de critiquer le Saint-Père sur la base d’un extrait d’interview tronqué et isolé de son contexte, qui a été utilisé par certains groupes avec une claire intention intimidatrice, comme pour dissuader le pape de s’exprimer sur certains thèmes, dont les implications morales sont pourtant évidentes, et d’enseigner la doctrine de l’Eglise».

Le Saint-Siège a ensuite expliqué que Benoît XVI, «répondant à une question sur l’efficacité et le caractère réaliste des positions de l’Eglise en matière de lutte contre le sida», avait «déclaré que la solution est à rechercher dans deux directions : d’un côté une humanisation de la sexualité, et, de l’autre, une authentique amitié et disponibilité envers ceux qui souffrent, soulignant l’engagement de l’Eglise dans l’un et l’autre domaine». «Sans cette dimension morale et éducative, a-t-il été précisé, la bataille contre l’épidémie ne sera pas gagnée».

La Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège a également évoqué la «campagne médiatique sans précédent sur la valeur prépondérante, pour ne pas dire exclusive, d’un certain moyen prophylactique dans la lutte contre le sida», présente dans «certains pays d’Europe». Dans le même temps, elle a alors jugé «réconfortant de constater que les considérations d’ordre moral» développées par le pape avaient été «comprises et appréciées, en particulier par les Africains, par les vrais amis de l’Afrique et par certains membres de la communauté scientifique».

Le communiqué a enfin repris un extrait d’une déclaration des évêques de la Conférence épiscopale régionale de l’Afrique de l’Ouest (CERAO) qui remerciaient le pape «pour avoir reproposé à tous, avec nuance, clarté et pénétration, l’enseignement commun de l’Eglise en matière de pastorale des malades du Sida».

Ce long communiqué, émanant directement de la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège, ne contient nullement le mot ’préservatif’, pourtant au coeur de la controverse, et ne reprend pas explicitement les propos de Benoît XVI ayant entraîné une forte polémique, essentiellement en Occident. En outre, il a été publié en français, italien et anglais. Aucune traduction néerlandaise n’a été proposée alors que le ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht, est néerlandophone.

En Belgique, la Chambre des représentants avait adopté, le 2 avril 2009, un texte «demandant au gouvernement belge de condamner les propos inacceptables du pape lors de son voyage en Afrique, et de protester officiellement auprès du Saint-Siège». Le lendemain, la Conférence épiscopale belge avait regretté «la teneur» de la décision de la Chambre des représentants belge, car «elle ne tient pas compte de ce que Benoît XVI a réellement voulu exprimer».

A son tour, le 3 avril, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège avait fait part de sa «stupeur» face à l’adoption de cette résolution visant à protester officiellement auprès du Vatican contre les propos tenus par Benoît XVI dans l’avion qui le menait au Cameroun, le 17 mars. Le père Federico Lombardi avait alors particulièrement mis en cause «le sérieux» et «l’attention» avec lesquels les déclarations du pape avaient été traitées. (apic/imeida/ami/pr)

17 avril 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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