La dignité humaine est compromise, dénonce le Saint-Siège
Rome: Création d’embryons composés de matériel génétique humain et animal
Rome, 18 mai 2007 (Apic) Le président de l’Académie pontificale pour la vie, Mgr Elio Sgreccia, a dénoncé la création d’embryons composés de matériel génétique humain et animal. Il s’exprimait le 18 mai sur les ondes de Radio Vatican au lendemain de la décision prise par le gouvernement britannique d’autoriser la création d’embryons chimères mi-homme mi-animal.
Mgr Sgreccia a ainsi expliqué que «la création d’un hybride homme-animal est une frontière qui avait été interdite, jusqu’à aujourd’hui, et par tous, dans le domaine des biotechnologies». «Et cela, justement parce que la dignité humaine est compromise, offensée, et qu’on peut ensuite créer des monstruosités à travers ces fécondations», a-t-il mis en garde.
Même si la loi pose une limite de 14 jours de vie pour ces hybrides, «la création d’un être homme-animal représente une frontière violée dans le domaine de la nature, la plus grave», a-t-il souligné. Pour l’archevêque italien, «c’est pour cela que la condamnation morale doit être totale, avant tout au nom de la raison et au nom même de la justice et de la science qui doivent être maintenues au bénéfice de l’homme et par respect pour la nature humaine».
Non respect des frontières entre espèces
«Jusqu’à aujourd’hui, l’individu humain n’a pas été respecté parce que les embryons sont immolés et sacrifiés de diverses manières et dans ces mêmes fécondations artificielles», a aussi ajouté le président de l’Académie pontificale pour la vie. «Mais les frontières ont au moins été respectées entre espèce et espèce». Pour lui, «il n’y avait aucun besoin» de cette décision. «Si on cherche les cellules souches capables de soigner la maladie d’Alzheimer ou la maladie de Parkinson, il n’y a aucun besoin d’aller créer un hybride homme-animal parce qu’il y a les cellules souches adultes, celles du cordon ombilical, celles de l’homme pour pouvoir faire face – avec confiance – à ces frontières», a-t-il expliqué.
Mgr Sgreccia a enfin regretté que les scientifiques ne considèrent que «l’avancée d’une recherche», sans prendre «en considération les éléments anthropologiques et philosophiques, comme le respect de la nature même et de l’ordre naturel». Il a mis en garde contre «une soif de savoir», «une soif d’expérimentation qui peut renverser le sens moral de l’expérimentation» si elle n’est pas contrôlée «par un sens de l’équilibre et de la raison humaine».
Une chimère est un organisme formé de cellules provenant d’au moins deux zygotes génétiquement différents issus d’une même espèce ou de deux espèces différentes. Le clonage visant à obtenir une chimère mi-homme mi-animal s’effectue en transférant un noyau humain dans un ovocyte animal. (apic/imedia/ms/bb)




