Le pape prône une réforme du gouvernement des évêques
Rome: Crise de confiance de l’Eglise catholique aux Etats-Unis à cause des abus sexuels
Rome, 12 septembre 2004 (Apic) Jean Paul II estime que la crise de confiance que traverse l’Eglise américaine, après les scandales d’abus sexuels, sera résorbée par une réforme critique du gouvernement de ses évêques. C’est le message que le pape a adressé aux évêques de Pennsylvanie et du New-Jersey reçus le 11 septembre à Castel Gandolfo en visite Ad limina,.
«Durant vos entretiens de travail à Rome, beaucoup d’entre vous ont déclaré êtres affectés par la crise de confiance dans le gouvernement de l’Eglise, provoquée par les récents scandales d’abus sexuels», a déclaré Jean Paul II aux évêques américains, en ce jour anniversaire des attentats à New York en 2001.
«L’histoire démontre largement que le ferme et sage exercice de l’autorité apostolique, particulièrement dans les moments de crise, a permis à l’Eglise de préserver son intégrité et son indépendance», a alors expliqué le pape. «Je suis convaincu qu’aujourd’hui, dans un moment particulièrement délicat de son histoire, l’Eglise doit trouver les ressources pour un véritable auto-renouvellement», a-t-il poursuivi.
L’Eglise doit se tourner vers ses origines
Jean Paul II a ainsi souligné que «l’Eglise n’était seulement et véritablement réformée, que lorsqu’elle se tourne vers ses origines en se réappropriant consciencieusement la tradition apostolique, dans une réévaluation purifiée de ses institutions, à la lumière de l’Evangile». «Les circonstances présentes devraient conduire l’Eglise américaine à un discernement spirituel et critique de certains de ses modes de gouvernance», a poursuivi le pape. «Même au nom du souci légitime de la bonne administration, on ne peut courir le risque de couper le pasteur des membres de son groupe et de ternir son image de père et de frère», a alors indiqué Jean Paul II.
S’appuyant sur les textes conciliaires et ceux du magistère, le pape a ainsi rappelé aux évêques américains, qu’ils devaient être des «témoins», des «professeurs», «des modèles de sainteté», car «le pouvoir sacré ne peut légitimement s’exercer que par l’autorité morale», d’une vie irréprochable.
Pour des meilleures structures participatives et consultatives
Puis Jean-Paul II a invité les évêques de Pennsylvanie et du New Jersey à gouverner leur diocèse en créant «de meilleures structures participatives et consultatives», qui ne doivent pas être comprises comme «une concession au modèle démocratique séculier, mais comme une exigence intrinsèque de l’exercice de l’autorité épiscopale et comme un nécessaire moyen de renforcement de cette autorité». Enfin, le pape a souligné que «la douloureuse période d’auto examen, provoquée par les événements des deux dernières années, ne donnera ses fruits que si elle conduit l’ensemble de la communauté catholique américaine à une compréhension plus profonde de la véritable nature et mission de l’Eglise».
Du 13 au 18 septembre ce sont les évêques de Nouvelle-Zélande qui se rendront au Saint-Siège pour leur visite Ad limina quinquennale. (apic/imedia/bb)



