Rome: Découverte étonnante présentée au Congrès «A l’aube de la vie humaine»
La mère hérite de caractéristiques de son enfant
Rome, dimanche 10 septembre (APIC) Pendant la grossesse, la mère «hérite» de caractéristiques de l’enfant à naître, et à travers elles, de caractéristiques du père de l’enfant. Des changements qui subsisteront au-delà de la naissance de l’enfant. Cette découverte étonnante a été présentée au Congrès sur «l’aube de la vie humaine», organisé par l’Institut de Gynécologie et d’Obstétrique de l’Université Catholique de Rome, dirigé par le professeur Salvatore Mancuso. Ce congrès a lieu à Rome dans le cadre du Jubilé des universités.
On savait que l’enfant recevait la moitié de son patrimoine génétique de sa mère, et que pendant la vie utérine, la vie du fœtus était conditionnée par le fait d»entendre» le monde extérieur à travers le corps de la mère. Il est plus surprenant d’entendre que la mère, elle aussi, subit des modifications à long terme à cause de la grossesse. Des apports liés à la «personne» de l’enfant et, indirectement à celle père de l’enfant.
«Nous avons la preuve, a affirmé le professeur Mancuso au quotidien italien «Avvenire», qu’à partir de la cinquième semaine de gestation, c’est-à-dire au moment où la femme se rend compte qu’elle est enceinte, une infinité de messages passent de l’embryon à la mère, conduits par des substances chimiques comme les hormones ou encore les neurotransmetteurs. Ces informations servent à adapter l’organisme de la mère à la présence du nouvel être. On a par ailleurs découvert que l’embryon envoyait des cellules staminales qui, grâce à la tolérance immunitaire de la mère envers l’enfant, colonisaient la moelle maternelle pour ne plus jamais la quitter. De la moelle naissent par ailleurs des lymphocytes qui demeureront dans l’organisme de la femme pour le reste de sa vie».
Un nouveau champ de recherche
Suite des explications du professeur Mancuso: «A partir de la cinquième semaine, il y a passage de cellules mais les messages sont émis dès la conception. Lors de la première phase de subdivision cellulaire, l’embryon passe à travers les trompes et les transmissions se font par contact avec les tissus dans lesquels se meut l’embryon. Après l’implantation de l’embryon dans l’utérus, les échanges entre l’embryon et la mère deviennent plus intenses par voie sanguine et cellulaire.
A la fin de la gestation, les cellules staminales de l’enfant passent à la mère en grande quantité, aussi bien dans le cas de l’accouchement, spontané ou par césarienne, que dans le cas de l’avortement, spontané ou volontaire. Ces cellules s’implantent dans la moelle de la mère et produisent des lymphocytes. Ces lymphocytes ont la même origine que les récepteurs de neurotransmetteurs, cellules du système nerveux central. Ils peuvent faire passer des messages que capte le système nerveux de la mère. Ces révélations ouvrent un nouveau champ de recherche sur les premières phases de la vie.»
Distinction fautive entre embryon et pré-embryon
Le professeur Mancuso estime que l’on fait une grande erreur en établissant des phases de développement de l’embryon de façon rigide. «Faire la distinction entre embryon et pré-embryon n’est pas juste. A un stade si précoce de développement, on ne peut pas parler encore de système nerveux central, mais les messages que l’embryon envoie à sa mère expriment déjà des manifestations propres à l’espèce humaine. Les instruments utilisés sont des substances chimiques très spécialisées et des cellules aussi sophistiquées que les cellules staminales. Il faut rappeler que s’il n’y avait pas de communication, l’organisme de la mère rejetterait l’embryon. Le dialogue permet l’accueil parfait d’un organisme à 50% étranger au patrimoine génétique de la mère. Les substances chimiques qui indiquent à la mère les exigences nutritionnelles et métaboliques de l’embryon, provoquent en elle une baisse immunitaire qui facile l’accueil du nouvel être.
On a retrouvé des cellules staminales dans le corps de la mère jusqu’à trente ans après l’accouchement. On peut donc dire que la grossesse ne dure pas 40 semaines mais toute la vie d’une femme. Cela fait réfléchir lorsqu’on pense aux «mères porteuses». Une mère accueille un être dont le patrimoine génétique est à 100% étranger au sien. La grossesse va la «modifier» pour le reste de sa vie. De nouvelles questions sont également en train de surgir concernant les techniques de fécondation artificielle de type hétérologue.
L’idée que le père puisse transmettre quelque chose à la mère, à travers l’enfant conçu ensemble, fait envisager la grossesse d’une tout autre manière. La grossesse crée indubitablement un lien étroit entre la femme et l’homme car l’enfant possède la moitié du patrimoine génétique du père. Et les cellules staminales hématopoïétiques, retrouvées jusque dans le foie de la mère comme hépatocytes, vont dans la moelle et produisent des cellules filles, des lymphocytes et des neurotransmetteurs. Les neurotransmetteurs ont la capacité de dialoguer avec le système nerveux central de la mère. Un peu comme si les «pensées» de l’enfant passaient à la mère même plusieurs années après sa naissance. (apic/zen/mjp)



