Le cardinal Martino illustre son exemple par la guerre en Irak

Rome: Des informations imprécises ou fausses peuvent déclencher la guerre

Rome, 5 mai 2006 (Apic) Des informations imprécises ou fausses, à l’heure de l’internationalisation et de la mondialisation, peuvent déclencher la guerre, a déclaré le cardinal Renato Raffaele Martino. Le président du Conseil pontifical Justice et Paix s’est exprimé à l’ouverture d’un congrès d’étude sur ’l’éthique de l’information dans les relations internationales’, qui se tient les 5 et 6 mai 2006 à l’Université grégorienne de Rome.

Le cardinal italien a ainsi cité l’exemple de la guerre en Irak «causée, au moins formellement, par des informations non véridiques au sujet de la possession d’armes de destruction massive de la part du dictateur irakien», a rapporté l’Ansa. Armes jamais découvertes en réalité, et qui servirent de prétextes à Washington et Londres pour envahir l’Irak.

«Les relations internationales doivent aligner leur pas sur le rythme toujours plus soutenu des changements internes aux Etats», a noté le cardinal Martino. Pour le prélat, ces changements s’opèrent «grâce à l’information mondialisée ou bien avec la formation d’une opinion publique transnationale qui, informée rapidement par des moyens très variés, induit un changement de goûts, d’habitudes et de priorités dans des populations entières», a -t-il dit.

Le président du Conseil pontifical Justice et Paix a en outre souligné «l’aspect négatif du caractère incontrôlable de la mondialisation de l’information», peut-on lire dans un communiqué de son dicastère. Le cardinal italien a fait part de sa crainte que «le travail de toutes les instances de contrôle soit inutile sans un contrôle simultané des responsables de l’éducation : des familles aux enseignants, des personnes de culture aux leaders religieux».

Le cardinal Martino a expliqué que les responsables des médias ne peuvent exercer correctement le droit à l’information que si leur communication est toujours «véridique et intègre, dans le respect de la justice et de la paix». Le prélat a ainsi cité en exemple les risques que peuvent entraîner Internet et les téléphones cellulaires dans «l’instrumentalisation des mentalités» et dans les «actions terroristes et la perversion des sites pédophiles».

Une opinion partagée par le père Gianfranco Ghirlanda, nouveau recteur de l’université grégorienne, pour qui «l’absence ou la réduction des valeurs éthiques conduisent inévitablement au déclin de toute civilisation».

Le cardinal italien s’est toutefois réjoui que «la défense des droits de l’homme à l’échelle planétaire devenait possible grâce aux informations réciproques entre les ’navigateurs’». Si ceux-ci «se transforment en ’informateurs internationaux, ils peuvent obtenir des résultats concrets, comme par exemple pour le génocide au Darfour», a-t-il expliqué. (apic/imedia/cp/pr)

5 mai 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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