Rencontre du pape avec les responsables non catholiques
Rome: Des leaders orthodoxes optimistes en matière oecuménique
Rome, 25 avril 2005 (Apic) Plusieurs responsables orthodoxes espèrent que des avancées théologiques auront lieu avec le nouveau pape Benoît XVI et que les relations entre Eglises se renforceront durant son pontificat.
Le lundi 25 avril, le pape a rencontré des responsables non catholiques qui ont assisté à la messe d’inauguration de son pontificat, entre autres l’archevêque de Cantorbéry, Rowan Williams, le métropolite Chrysostomos, du Patriarcat oecuménique, et le métropolite Kirill, de l’Eglise orthodoxe russe.
Durant la messe inaugurale, le pape a affirmé la nécessité de faire «tout ce qui est possible pour parcourir la route vers l’unité».
Pour sa part, le métropolite orthodoxe roumain Daniel Ciobotea de Moldavie et Bukovina, qui s’exprimait avant la messe inaugurale du pape Benoît XVI le 24 avril à Rome, a déclaré: «Pour avoir une chance de progresser dans la communion, nous devons avoir plus de spiritualité de moins de diplomatie».
Des responsables orthodoxes acceptant la primauté du pape
Le métropolite Daniel a confié au correspondant de l’agence oecuménique ENI, que son Eglise était persuadée que le nouveau pape «s’adapterait à ses nouvelles responsabilités oecuméniques». Il a également affirmé que les responsables orthodoxes accepteraient la primauté du pape, si elle se conformait aux pratiques en vigueur avant que les Eglises ne se divisent, durant le premier millénaire.
«Joseph Ratzinger est un théologien intelligent. Il dit que l’on ne peut attendre des Eglises orthodoxes qu’elles acceptent ce qui n’appartient pas à notre tradition commune, entre autres les dogmes papaux qui ont été formulés sans nous», a déclaré le métropolite Daniel, membre du Praesidium de la Conférence des Eglises européennes.
L’agence Eni rappelle que «certains ont averti que les relations avec d’autres Eglises pourraient se détériorer sous le règne de Benoît XVI, qui était responsable, en tant que préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, de la déclaration du Vatican Dominus Iesus, en 2000, que l’on considère comme mettant en question l’authenticité des Eglises non catholiques. Commentant cette déclaration, le métropolite Daniel a estimé qu’en dépit d’un langage «très dur», elle reflétait «des problèmes internes au sein de l’Eglise catholique». Les chrétiens orthodoxes approuvent l’accent mis dans le document sur «le caractère central et unique du Christ», a encore affirmé le métropolite.
«Les responsabilités de l’ancien cardinal Ratzinger sont différentes»
«Aujourd’hui, les responsabilités de l’ancien préfet pour la Congrégation pour la doctrine de la foi sont différentes», a affirmé le métropolite roumain, qui a rencontré le cardinal Joseph Ratzinger lors des funérailles du pape Jean Paul II le 8 avril. «En tant que préfet de la Congrégation, il était un défenseur de la foi. Maintenant il est un aussi un lanceur de ponts ou pontifex. L’Esprit Saint oeuvre différemment selon le niveau de responsabilité.»
Dans une déclaration séparée, le primat de l’Eglise orthodoxe russe, le patriarche Alexis II, a déclaré compter sur un dialogue entre orthodoxes et catholiques fructueux.
Les relations avec les catholiques romains sont depuis longtemps tendues en Europe orientale, car les orthodoxes se plaignent du «prosélytisme» des catholiques qui, selon eux, essaient de gagner des croyants traditionnellement orthodoxes. Elles sont aussi rendues difficiles par la renaissance, après la chute du communisme, des Eglises grecques catholiques, qui pratiquent la liturgie orthodoxe mais sont fidèles à Rome. (apic/eni/vb)



