Rome: Deux hauts prélats condamnent les violences interreligieuses en Inde

«Aucune justification possible»

Rome, 26 août 2008 (Apic) Au lendemain de la mort violente de plusieurs catholiques en Inde, deux hauts prélats de la curie romaine ont condamné dans la presse italienne ces violences entre hindous et chrétiens, le 25 août 2008.

Le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, le cardinal Jean-Louis Tauran, a estimé que rien ne pouvait justifier ces assassinats et le secrétaire de la Congrégation pour les Eglises orientales, Mgr Antonio Maria Veglio, a quant à lui qualifié les deux catholiques tués de «martyrs du troisième millénaire».

«On ne peut que condamner tout cela», a ainsi déclaré le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, dans les colonnes du quotidien Corriere della Sera, affirmant encore que cette violence était «un pêché contre Dieu et contre l’humanité». «Il n’y a aucune justification possible», a aussi estimé le haut prélat, car «on ne peut absolument pas invoquer la religion pour des crimes de ce genre».

Le cardinal Tauran a indiqué être récemment allé à New Delhi. «J’ai rencontré deux groupes de religieux indiens et aucun de ces leaders spirituels ne m’a parlé de ces violences, qui ne se produisent pas non plus pour la première fois», a-t-il confié. Plus mobilisé par les rapports avec l’islam, le cardinal français a cependant annoncé qu’il retournerait en Inde au début de l’année prochaine. Sur Radio Vatican, le haut prélat a par ailleurs estimé que son dicastère devrait «intensifier ses contacts avec le monde hindou».

Le fondamentalisme hindou pointé du doigt

Quant à Mgr Antonio Maria Veglio, secrétaire de la Congrégation pour les Eglises orientales, il a qualifié dans le quotidien La Repubblica les deux catholiques assassinés de «martyrs du troisième millénaire» et a parlé de «missionnaires innocents assassinés et objets de violences invraisemblables».

«C’est une tragédie inhumaine, mais le dialogue ne doit jamais s’arrêter», a encore affirmé Mgr Veglio pour qui «cela fait encore plus mal de constater qu’il y a des gens qui tuent au nom d’un Dieu, d’une religion». A ses yeux, «ce qui arrive est le fruit du réveil du fondamentalisme hindou».

Le 25 août 2008, au moins deux personnes ont été tuées dans l’Etat indien d’Orissa (nord-est) dont une jeune femme de 20 ans brûlée vive dans l’incendie criminel de l’orphelinat catholique de Panampur suite à l’assassinat imputé aux chrétiens d’un dirigeant radical hindou, Swami Laxanananda, le 23 août dernier. Son meurtre a été condamné par la Conférence épiscopale indienne et l’organisme oecuménique chrétien All India Christian Council. «Quand l’incendie s’est déclaré, Rajnie Majhie (la jeune femme décédée dans les flammes, ndlr) s’est empressé de faire sortir les enfants de l’édifice mais n’a pas eu le temps de s’enfuir son tour», a expliqué le père Alfonse Towpo, assistant de Lukas Merketta, évêque du diocèse de Sambalpur, sous la compétence duquel se trouve l’orphelinat. Il a aussi indiqué que, «pendant que la jeune fille restait prisonnière des flammes, le père Edouard Saquera (le responsable du centre, ndlr) avait été brutalement battu par ses agresseurs, avant d’être hospitalisé». Une trentaine d’enfants accueillis dans ce centre, âgés de 5 à 14 ans, demeurent actuellement introuvables. (apic/imedia/ami/js)

26 août 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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