Pour la liberté religieuse des chrétiens en terre d’Islam

Rome: Difficultés et limites de la présence chrétienne en pays musulman

Rome, 9 octobre 2005 (Apic) L’archevêque éthiopien d’Addis Abeba a demandé la liberté religieuse pour les chrétiens en terre d’Islam, devant les 238 pères synodaux réunis au Vatican le 8 octobre. Mgr Souraphiel a présenté avec inquiétude le sort des chrétiens de la corne de l’Afrique qui vont travailler dans des pays musulmans de la péninsule arabique, victimes de persécutions religieuse.

Lors de la 10e congrégation générale du Synode sur l’Eucharistie, l’évêque de Constantine (Algérie), Mgr Piroird, a pour sa part souligné la difficulté d’accès à l’Eucharistie pour les communautés dispersées dans le Maghreb, mais insisté sur l’importance de la communion avec les «amis» musulmans.

«Je demande aux frères du Synode, en particulier à ceux qui exercent leur ministère dans les pays musulmans où de pauvres chrétiens se rendent pour trouver du travail, d’étendre leur charge pastorale à ces chrétiens et de demander aux gouvernements musulmans de respecter la liberté religieuse», a lancé Mgr Berhaneyesus Demerew Souraphiel, archevêque d’Addis Abeba lors de son intervention. Le président de la Conférence épiscopale éthiopienne a évoqué le sort des «centaines de milliers» de chrétiens pauvres qui se rendent en Arabie Saoudite, au Yémen, dans les pays du Golfe et dans d’autres pays à majorité musulmane. «Avant de se rendre dans les pays musulmans, ils ont l’obligation de changer leurs noms chrétiens en noms musulmans et, en particulier, les femmes doivent s’habiller selon les habitudes musulmanes», a regretté l’archevêque, ajoutant que, «parvenus à destination, leurs passeports sont retenus et ils sont soumis à toutes sortes d’abus et de formes d’exploitation». Mgr Souraphiel a dénoncé le fait que nombre d’entre eux soient «forcés par les circonstances à devenir musulmans».

Pas de liberté religieuse en Arabie Saoudite

L’archevêque d’Addis Abeba s’est aussi lamenté que «de nombreux chrétiens africains meurent en traversant le Sahara ou la mer Méditerranée pour se rendre dans les pays chrétiens d’Europe et d’Amérique», des pays dont les portes «sont fermées». Il a qualifié de «persécution religieuse des temps modernes» le fait que les chrétiens «se voient nier le droit d’exprimer leur religion» en pays musulman. Il a ainsi noté qu’en Arabie Saoudite ou en d’autres pays musulmans, «le dimanche est un jour de travail et l’Eucharistie n’est pas célébrée dans la mesure où il n’existe ni églises ni prêtres ou, tout simplement, parce qu’il n’y a pas de liberté religieuse».

L’évêque de Constantine (Algérie) a évoqué quant à lui avec beaucoup plus d’optimisme la présence chrétienne en pays musulman. Mgr Gabriel Piroird a présenté le lien entre Eucharistie et mission, affirmant que les eucharisties célébrées en Algérie «rassemblent un peuple encore absent, celui de ceux qui cherchent Dieu dans la droiture de leur coeur». Evoquant le sort des «Eglises particulières très minoritaires», il a précisé que certaines communautés «vivent loin de toute présence sacerdotale» et «ne peuvent participer à l’Eucharistie que de manière très espacée». (apic/imedia/ami/bb)

9 octobre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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