Réfutation des griefs adressés à l’Eglise par certains musulmans
Rome: Distances avec les positions de Magdi Allam, musulman baptisé par le pape
Rome, 27 mars 2008 (Apic) Le père Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, a pris ses distances avec les prises de position controversées de Magdi Allam, dans une intervention diffusée le 27 mars 2008 sur Radio Vatican et distribuée à la presse. Le journaliste italien de confession musulmane, baptisé par Benoît XVI lors de la veillée pascale du 22 mars au Vatican, est l’auteur de tribunes virulentes contre l’islam et pro israéliennes. Le père Lombardi a souhaité répondre essentiellement aux vives critiques exprimées par Aref Ali Nayed, directeur du Centre stratégique d’études islamiques d’Amman (Jordanie).
«Accueillir dans l’Eglise un nouveau croyant ne signifie pas, évidemment, épouser toutes ses idées et positions, en particulier sur des thèmes politiques et sociaux», a ainsi affirmé le père Federico Lombardi dans une «note» présentée comme une réponse aux critiques d’Aref Ali Nayed, l’un des signataires de la fameuse «Lettre des 138» musulmans invitant les chrétiens au dialogue en octobre 2007.
Les idées personnelles de Magdi Allam, a encore précisé le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, ne sont en aucun cas l’expression officielle de la position du pape ou du Saint-Siège.
Aref Ali Nayed, membre de la commission venue préparer dernièrement à Rome le «Forum catholico-musulman» de novembre prochain, avait invité le Vatican à prendre ses distances avec les déclarations de Magdi Allam et également estimé que son baptême était «une autre façon de réaffirmer le message (du pape, ndlr) de Ratisbonne» sur l’islam, en septembre 2006. Le père Lombardi lui a répondu que les explications sur l’interprétation correcte de ce discours avaient été déjà fournies il y a longtemps et qu’il n’y avait donc pas de raison de les remettre en question.
Le père Lombardi a également réfuté les accusations de manichéisme formulées par Aref Ali Nayed concernant les symboles liturgiques de la veillée pascale célébrée par le pape, comme l’obscurité et la lumière. Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a ainsi considéré que ces accusations manifestaient «une incompréhension de la liturgie catholique» plus qu’une «critique pertinente du discours de Benoît XVI».
Aref Ali Nayed avait aussi évoqué le prosélytisme des écoles catholiques dans des pays à majorité musulmane, comme celles fréquentées par Magdi Allam lors de son enfance au Caire (Egypte). Le père Federico Lombardi a loué «la grande tradition d’engagement éducatif de l’Eglise, y compris dans des pays majoritairement non chrétiens». Il a surtout affirmé que l’accusation de manque de respect pour la dignité et la liberté de la personne humaine faite à l’Eglise n’est pas méritée. (apic/imedia/ami/js)



