Pourquoi les réformes ont échoué
Rome: Document de Justice et Paix sur la réforme agraire
Rome, 14 janvier 1998 (APIC) Le document du Conseil pontifical Justice et Paix consacré à la réforme agraire entend proposer une alternative après les échecs constatés dans de nombreux pays, a souligné le cardinal Roger Etchegaray lors de la présentation de ce texte mardi à Rome.
Les tentatives de réforme agraire tentées dans des pays en voie de développement «ont lamentablement échoué, en dépit des bonnes intentions qui les motivaient, en raison d’une espèce de péché originel qui les viciaient et empêchaient leur réussite: le fait qu’elles aient été identifiées uniquement à l’expropriation de la terre et à sa subdivision ultérieure». Lesquelles sont «certainement nécessaires et fondamentales… mais ne suffisent pas», a relevé le président de Justice et Paix.
Le document innove en proposant une approche plurielle qui tient compte de tous les facteurs, culturels et sociaux, économiques et politiques et «intègre» ainsi la politique agricole dans un ensemble. La réforme, a noté le cardinal doit «offrir de plus grandes possibilités d’intégration entre l’agriculture et les autres secteurs, surtout en relation avec le marché du travail, comme forme d’assurance contre les risques auxquels la famille rurale est exposée». Le cardinal Etchegaray a insisté en particulier sur la protection de l’exploitation familiale et sur la nécessité de reconnaître le lien spécifique des populations indigènes à leur terre.
Le président de Justice et Paix a précisé que le non aux «latifundia» est déjà présent dans l’encyclique «Mater et Magistra» de Jean XXIII (1961) et ensuite dans la constitution conciliaire «Gaudium et Spes». Il relevé que l’Eglise est souvent la seule institution crédible auprès des populations, pour trois raisons principales: au lendemain du Concile, les évêques ont donné l’exemple de remettre des terres aux paysans, créant ainsi une dynamique; l’Eglise ensuite s’est montrée éducatrice, en «conscientisant» des paysans très passifs et ignorants de leurs droits (commissions pastorales, aides juridiques, etc.); enfin, l’Eglise a su réveiller des solidarités et elle continue de le faire. Si le Brésil offre un exemple saisissant (1 % des propriétaires y possèdent 43 % des terres arables, et 53 % de la population, 2 % des terres), et si le document se réfère surtout aux réflexions des évêques du continent latino-américains, il se réfère aussi à l’autres situations, comme aux Philippines, ou en Zambie, et s’adresse à tous, pour provoquer la solidarité au-delà des frontières. (apic/cip/imed/mp)



