Mgr Angelo Comastri en dévoile quelques aspects
Rome: Encyclique sur l’Eucharistie commenté par le prédicateur de la retraite de Carême
Rome, 16 avril 2003 (Apic) A la veille de la publication de la 14e encyclique de Jean Paul II sur l’Eucharistie – jeudi 17 avril -, diverses indiscrétions font déjà entrevoir dans les médias italiens quel sera le contenu du document. Interrogé par l’hebdomadaire catholique «Famiglia Cristiana» dans son édition du 16 avril 2003, Mgr Angelo Comastri, choisi par le pape pour prêcher sa dernière retraite de Carême, donne son commentaire. L’encyclique, assure-t-il, rappelle notamment l’impossibilité pour des chrétiens de certaines confessions, de communier ensemble.
L’engagement auquel le pape nous appelle dans son document, est de renouer tout l’apostolat ecclésial avec l’Eucharistie, affirme le prélat italien, archevêque de Lorette et président du Comité national pour les Congrès eucharistiques.
L’encyclique, qui insiste particulièrement sur la «participation» des fidèles laïcs à la messe, leur demande notamment «de ne pas abandonner leurs devoirs de citoyens terrestres».
Reprenant le thème principal de l’encyclique, selon lequel «l’Eucharistie est au centre de la vie ecclésiale», Mgr Comastri explique que celle-ci doit être également au centre de la vie de chaque croyant. «Nous avons agressé Jésus avec notre péché et nous l’avons crucifié, mais lui, il nous a répondu avec un geste d’amour infini». Or, ajoute-t-il, «ce geste d’amour refleurit à chaque Eucharistie».
D’après l’évêque italien, Jean Paul II consacre par ailleurs une partie de son encyclique au thème de l’oecuménisme. «Il part du fait que l’Eucharistie crée la communion et éduque à la communion», affirme l’archevêque de Lorette, mais rappelle l’impossibilité pour des chrétiens de certaines confessions, de communier ensemble. «Le pape ne sous-estime pas les difficultés existant entre les diverses confessions chrétiennes, mais il exprime de nouveau avec force son grand désir que cela puisse être un jour possible».
A propos de la réforme liturgique
Par ailleurs, d’après Mgr Angelo Comastri, l’encyclique fait allusion à la réforme liturgique du Concile Vatican II. Même si celle-ci «a eu le grand mérite d’avoir fait parler l’Eucharistie avec le langage des hommes d’aujourd’hui», explique-t-il, «elle a affaibli le sens du mystère, et a fait perdre le goût du silence et de l’écoute». Le prélat regrette ainsi qu’ait été «accentué le caractère horizontal de l’Eucharistie», au détriment de «l’action du Christ».
Pour Mgr Comastri, le pape «s’est beaucoup impliqué – dans la rédaction de l’encyclique, ndlr -, racontant en profondeur sa propre expérience». L’archevêque de Lorette affirme notamment avoir retrouvé dans le document le «pape eucharistique» à qui il a prêché début mars la retraite de Carême. «En regardant le pape en prière, j’ai compris comment, malgré la maladie et l’âge, il réussit à répondre à son devoir de confirmer les fidèles dans la foi. Ce n’est pas l’efficacité physique qui rend quelqu’un apte à l’apostolat, mais le lien du coeur avec le Christ». (apic/imedia/pr)




