Dialogue oecuménique et indépendance de l’Etat et de la religion

Rome: Entretien de Benoît XVI avec le président de la Confédération suisse

Rome, 7 mai 2006 (Apic) Benoît XVI a reçu en audience au Vatican le président de la Confédération suisse, Moritz Leuenberger, pendant une vingtaine de minutes, samedi 6 mai 2006. Les deux chefs d’Etat ont échangé sur les thèmes du dialogue oecuménique et interreligieux et de la place de la religion et de l’Etat dans la société. C’est ce qu’a rapporté le président suisse à l’agence I.MEDIA, après sa rencontre cordiale avec le pape.

La rencontre a été «très intéressante» et «très intense», a confié Moritz Leuenberger à Ia correspondante de l’Apic à Rome. Le sujet était surtout le dialogue entre les religions. «Je suis convaincu que l’oecuménisme est une nécessité, surtout dans un monde où il y a des conflits entre les religions», a-t-il aussi souligné. Et d’estimer qu’»on ne peut pas se permettre que deux confessions chrétiennes s’occupent seulement d’elles-mêmes et pas des autres problèmes».

«Pour l’indépendance de la religion, la séparation est meilleure»

Il a aussi été question de la relation entre l’Etat et les religions, a encore rapporté le président suisse. «Pour l’indépendance de la religion, la séparation est meilleure», a-t-il estimé, soulignant que «si les pasteurs reçoivent leur salaire de l’Etat, cela les empêche de le critiquer».

Moritz Leuenberger a ensuite expliqué que le pape s’était intéressé au cas de la Suisse, à la pluralité de ce pays, où 4 langues cohabitent ainsi que plusieurs confessions, «qui vivent ensemble en paix».

«Notre pays présente une diversité intéressante» aussi dans le rapport entre l’Etat et la religion puisque «dans chaque canton, ce problème est résolu d’une façon qui lui est propre», a-t-il souligné. «Par exemple, il y a à Genève une séparation pure, tandis qu’ailleurs à l’intérieur de la Suisse, il y a pratiquement une fusion entre la religion et l’Etat».

Le président de la Confédération helvétique a aussi confié qu’en tant que Suisse, «on était toujours un peu obligé de corriger l’idéal que le monde se fait de notre pays», suggérant ainsi qu’il avait fait de même avec Benoît XVI.

Lors d’une conférence de presse tenue à deux pas du Vatican, dans le palais de l’Ordre des chevaliers du St-Sépulcre, le président de la Confédération a aussi rapporté qu’avec le pape, il avait parlé des valeurs communes entre la Suisse et le Vatican. Il a souligné que la paix et la liberté ne pouvaient pas s’obtenir par la violence, mais par le dialogue, valorisant le dialogue entre les religions.

Le président à la messe, en faveur de l’oecuménisme

Interrogé sur le fait qu’il ait participé à une messe catholique dans la basilique vaticane, le chef d’Etat a répondu qu’il n’était pas là en tant que «protestant, mais comme président de la Confédération». Il a cependant souligné qu’il était en faveur de l’oecuménisme et qu’il avait déjà participé à ce type de cérémonie.

Moritz Leuenberger était à Rome à l’occasion des festivités pour le 500e anniversaire de la Garde suisse. Il a ainsi assisté à la messe présidée par Benoît XVI pour les gardes dans la basilique vaticane, le 6 mai 2006. Le président suisse est ensuite monté dans les palais apostoliques, où il a été reçu par le pape en audience pendant 20 minutes.

Les deux hommes ont parlé allemand. Après leur rencontre en privé, la délégation présidentielle composée de 18 personnes est entrée dans la bibliothèque apostolique pour saluer Benoît XVI. Celui-ci a parlé un moment avec les musiciens ayant animé un moment de méditation musical la veille au soir dans la Salle Paul VI. Le pape a reçu en cadeau des lithographies antiques, reproductions de la ’Schauenburg Sammlung’. Il a donné quant à lui aux Suisses présents des exemplaires de son Encyclique «Deus caritas est» en allemand ou en français, en fonction de leur canton. Moritz Leuenberger n’a pas rencontré les responsables de la Secrétairerie d’Etat. (apic/imedia/ar/be)

7 mai 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
Partagez!