Préparation d’un document pour défendre l’environnement

Rome : Fin de l’Assemblée plénière de l’Académie pontificale des sciences

Rome, 9 novembre 2004 (Apic) L’Académie pontificale des sciences a conclu les travaux de son assemblée plénière liée au projet de rédaction d’une déclaration sur la nécessité de préserver l’atmosphère, l’eau et l’énergie terrestre. Ce document devrait être adressé aux chefs d’Etat et de gouvernement de la planète en 2006, a confié mardi à l’Apic Mgr Marcelo Sanchez Sorondo, chancelier de l’Académie.

Une quarantaine de scientifiques de tous pays sont intervenus du 5 au 8 novembre lors de l’assemblée plénière de l’Académie sur le thème des « chemins de la découvert ». Les 80 membres de l’Académie dont une trentaine de prix Nobel, se retrouvent tous les deux ans à Rome.

« Le bilan de cette rencontre est formidable, nous avons eu une mise à jour de toutes les grandes questions en revisitant les grandes découvertes historiques et actuelles », a commenté l’évêque argentin. « On ne peut pas toujours expliquer les découvertes scientifiques. Les grands chercheurs ont souvent résolu de façon imprévisible telle question ou tel problème ».

Ainsi, l’astrophysicien français Jean-Pierre Léna est revenu sur la découverte des planètes hors du système solaire. Claude Cohen-Tannoudji, prix Nobel de physique français (1997), professeur au collège de France à Paris, a expliqué les méthodes optiques dans la recherche atomique.

Les cardinaux Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, Carlo Maria Martini, archevêque émérite de Milan, et Georges Cottier, théologien de la Maison pontificale, ont assisté aux séances de travail de l’Académie.

La responsabilité de l’homme

Le prix de Nobel de chimie en 1995, le Néerlandais Paul Josef Crutzen, et l’Italien Carlo Rubbia, prix Nobel de physique en 1984, ont conclu cette assemblée plénière en traitant de l’influence néfaste de l’homme sur l’atmosphère et sur les réserves d’énergie de la planète. « Nous sommes face à une situation dramatique », a relevé le chancelier de l’Académie pontificale des sciences. « Nous consommons sans retenue les ressources énergétiques de la planète et, d’ici à 100 ans, elles seront épuisées. Aujourd’hui, l’humanité consomme toujours plus d’énergie, mais ne cherche pas véritablement de nouvelles sources énergétiques ».

Mgr Sorondo a du reste pointé « la responsabilité humaine en matière de dégradation de l’atmosphère terrestre dont dépend le climat et la santé de l’homme ». « Actuellement, nous pouvons faire des choses positives pour changer cet état de fait », a conclu le prélat.

Les membres de l’Académie pontificale des sciences se sont séparés sur le projet de rédiger, lors de sa prochaine réunion plénière en 2006, une déclaration sur la nécessité de préserver l’atmosphère, l’énergie et l’eau, qui serait adressée aux chefs d’Etat et de gouvernement de la planète. Les académiciens avaient déjà rédigé une déclaration contre l’armement atomique en 1988. En attendant, l’Académie poursuivra ses travaux en organisant des rencontres, en novembre sur la question de la globalisation et de l’éducation et sur la question de l’eau, et en février sur le problème de la définition du moment exact de la mort.

L’annonce de ce document coïncide avec les conclusions dune vaste étude scientifique – la plus vaste étude jamais réalisée sur la question –, affirmant que l’Arctique réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète et que cette tendance devrait s’accélérer à tel point que sa calotte glaciaire pourrait avoir complètement disparu, en période estivale, d’ici la fin du siècle. Selon cette étude, le retrait des glaces pourrait conduire à l’extinction de plusieurs espèces animales, dont l’ours polaire, vivant sur la banquise et avoir des effets dramatiques sur les populations indigènes telles que les Inuits et les Lapons, ont mis en garde les scientifiques. La fonte des glaciers terrestres, notamment au Groenland, devrait également provoquer d’ici 2100 une hausse jusqu’à 1 mètre du niveau des océans, obligeant au déplacement des populations vivant sur le littoral, ont-ils averti. Cela, alors que le pays le plus pollueur au monde, les Etats-Unis, refusent toujours de signer le protocole de Kyoto sur l’environnement. (apic/imedia/hy/pr)

9 novembre 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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