Rome: Fin de la visite «ad limina» des évêques belges
Baisse de la pratique religieuse en Belgique préoccupante
Rome, 23 septembre 2003 (Apic) Le pape Jean Paul II est préoccupé par la baisse de la pratique religieuse et des sacrements en Belgique, mais aussi des récentes décisions prises par le législatif de ce pays qui vont à l’encontre de la vie. Une préoccupation affirmée samedi devant les évêques belges, en visite Ad limina. Durant son intervention, il a demandé à l’Eglise belge de rester vigilante à la formation et au célibat des prêtres.
«Les informations qui me parviennent concernant la situation de votre Eglise sont pour moi particulièrement préoccupantes», a déclaré d’emblée dans son discours le pape, remis aux évêques belges au terme de leur semaine de rencontres avec les différents dicastères de la Curie. «On ne peut cacher une réelle et sérieuse inquiétude devant la baisse régulière et importante de la pratique religieuse dans votre pays, qui affecte les célébrations dominicales mais aussi de nombreux sacrements, en particulier le baptême, la réconciliation et surtout le mariage».
Le pape s’est par ailleurs dit inquiet de «la diminution importante du nombre des prêtres et la crise persistante des vocations».
Si le pape considère comme «un motif de satisfaction» la «participation toujours plus active des fidèles laïcs à la mission de l’Eglise», il rappelle cependant «la différence essentielle entre le sacerdoce commun et le sacerdoce ministériel et le caractère irremplaçable du ministère ordonné».
«De ce fait, pour éviter les éventuelles confusions, il est nécessaire que soient clairement exprimés les principes doctrinaux en cette matière», a-t-il souligné.
Dimensions éthiques affectées
Abordant ensuite la «sécularisation de grande ampleur» qui caractérise la société belge, Jean Paul II regrette les récentes décisions du législatif au niveau national, «inquiétantes dans des domaines qui touchent des dimensions fondamentales de la vie humaine et sociale, comme la naissance, le mariage et la famille, la maladie et la mort». «Il est important que les pasteurs fassent toujours entendre leur voix pour réaffirmer la vision chrétienne de l’existence et, dans cette circonstance, pour marquer leur désapprobation», qui dit avoir apprécié les interventions des évêques sur ces questions.
Pour lui, «ces changements au niveau de la loi ne sont pas seulement le signe d’adaptations ou d’évolutions devant des mentalités ou des comportements nouveaux, mais ils affectent profondément la dimension éthique de la vie humaine et ils remettent en cause le rapport à la loi naturelle, la conception des droits humains et, plus profondément encore, la conception de l¹homme et de sa nature».
Dans une société qui perd ses repères traditionnels et qui favorise volontiers un relativisme généralisé au nom du pluralisme, «notre premier devoir est de faire connaître le Christ, son Evangile de paix et la lumière nouvelle qu’il apporte sur la destinée de l¹homme». Le pape a enfin encouragé les catholiques belges «à poursuivre activement le dialogue avec la société civile en ayant le souci de faire connaître «explicitement les valeurs de la foi chrétienne et sa riche expérience de l’homme à travers l’histoire et les cultures, non pas pour imposer son propre modèle, mais par respect pour la vérité».
«Ombres et lumières» de l’Eglise belge
Jean Paul II a encore prôné une meilleure formation théologique, spirituelle et morale des fidèles laïcs, mais aussi celle des futurs prêtres. Pour le pape, «un effort particulier s’impose » quant aux «exigences objectives de l’appel au ministère presbytéral, notamment en ce qui concerne le célibat pour les ordres sacrés réservés aux hommes», a-t-il précisé.
Le cardinal Godfried Danneels, président de la Conférence épiscopale belge et archevêque de Malines-Bruxelles, a de son côté tracé, dans son rapport, le portrait de l’Eglise en Belgique «avec ses ombres et ses lumières». «Il n’y a guère de domaine de la vie ecclésiale dans notre pays, où le positif et le négatif ne s’entremêlent pas presque inextricablement et marquent le tissu de notre charge de pasteurs» a-t-il décrit, avant de développer, point par point, les différents sujets abordés lors des discussions au Vatican. (apic/imedia/pr)




