Le discours du pape du 9 novembre ne fait pas oublier le couac

Rome: Fin de la visite Ad limina des évêques suisses au Vatican

Rome, 12 novembre 2006 (Apic) Après la publication le 7 novembre d’un discours correspondant par erreur à une visite des évêques suisses il y a un an, Benoît XVI a pris congé des évêques suisses par un discours improvisé le 9 novembre .

La visite Ad Limina des évêques suisses a été marquée par un couac dans la transmission de l’information par le Vatican. Le 7 novembre, le Bureau de presse du Saint-Siège avait distribué par erreur à la presse un texte de discours préparé en 2005 pour les évêques suisses, mais que Benoît XVI n’a pas prononcé. L’édition quotidienne de L’Osservatore Romano, qui reproduisait ce texte, avait alors dû être envoyée au pilon. Cette erreur de communication avait été réparée ensuite par la publication des propos que le souverain pontife avait réellement tenus aux évêques suisses.

«Le christianisme ne relève pas que de la morale, c’est aussi un don». C’est ce que Benoît XVI a déclaré à la fin de la visite Ad limina, le 9 novembre 2006 aux évêques suisses, dans son discours improvisé. Le Bureau de presse du Saint-Siège a publié ces paroles le 11 novembre.

L’Eglise ne doit «pas faire apparaître le christianisme comme un simple moralisme», a déclaré le pape, mais «comme un don par lequel nous est donné l’amour qui nous soutient, nous fournit la force nécessaire pour savoir perdre notre propre vie».«Etre pauvre dans tous les sens du terme, convient aussi à un pape dans ce moment de l’histoire», a insisté Benoît XVI.

«Nous ne devrions pas permettre, a-t-il dit aux évêque suisses, que notre foi soit rendue vaine par trop de discussions sur de nombreux points particuliers moins importants, mais avoir toujours sous les yeux sa grandeur». Il a alors raconté que lorsqu’on lui demandait des interviews en tant que préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, il connaissait par avance les questions : «.l’ordination des femmes, la contraception, l’avortement et les autres problèmes comme ceux-là qui reviennent sans cesse». Pour le pape «l Eglise ne devrait pas se laisser enfermer dans ces discussions», qui finissent par l’identifier «avec certains commandements ou interdits».

«Ne pas apparaître comme des moralisateurs un peu passéistes»

Ainsi, il a invité les évêques helvètes «à ne pas apparaître comme des moralisateurs avec des convictions un peu passées de mode et de ce fait faisant paraître la grandeur de la foi de manière minimale».Alors qu’ «il existe, aujourd’hui, chez beaucoup une nostalgie de Dieu, un besoin de spiritualité, de religion. On recommence à voir dans l’Eglise une interlocutrice dont il est possible de recevoir quelque chose».

«A notre époque, a-t-il cependant regretté, la morale s’est divisée en deux parties». D’un côté se trouvent «les grands thèmes de la paix, de la violence, de la justice pour tous, de l’attention aux pauvres et du respect de la création», a noté Benoît XVI. Ces points sont ceux de la morale catholique «qui n’ont sans doute pas été assez présentés». Il s’agit d’un «ensemble éthique qui, comme force politique a un grand pouvoir et constitue pour beaucoup la substitution ou la succession de la religion», a souligné le pape. C’est justement cette morale qui fascine les jeunes engagés pour la paix, la non violence a-t-il insisté.

Mais à côté de ces thèmes, l’autre partie de la morale, «qui est souvent accueillie de façon controversée par la politique», concerne la vie. Font partie de cette morale, «la lutte contre l’avortement, l’euthanasie, la manipulation génétique, l’auto-légitimation de l’homme à disposer de la vie, la défense du mariage indissoluble». Le pape a aussi mis en garde sur le remplacement de «l’idée de fond du mariage entre un homme et une femme» par «un lien entre personnes». Il a alors dénoncé «une sorte de morale de la non discrimination et une forme de liberté due à l’homme».

«C’est seulement en respectant la vie humaine de sa conception naturelle à la mort que l’éthique de la paix est possible et crédible», a poursuivi le souverain pontife. «Les question qui à première vue apparaissent seulement institutionnelles, sont en réalité des questions de théologie et des questions centrales, car il s’agit de la relation et de la concrétisation de l’Evangile dans notre époque».

Il faut redonner au monde «le goût de Dieu», avait déjà déclaré le pape aux évêques suisses, le 7 novembre 2006, dans une homélie prononcée lors de la messe qu’il célébrait avec eux dans la chapelle ’Redemptoris Mater’ du palais apostolique. Les recevant ensuite dans la salle Bologne, il avait alors improvisé un long discours en allemand, soulignant que la foi devait avoir «la priorité dans notre temps».

Les évêques suisses ont ainsi achevé leur visite Ad Limina, qui avait commencé en février 2005, puis avait été interrompue par l’hospitalisation puis le décès de Jean Paul II. (apic/imedia/hy/vb)

12 novembre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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