Rome: Financement de la recherche sur les cellules souches
L’»Osservatore Romano» condamne la décision européenne
Rome, 25 juillet 2006 (Apic) Un «macabre trafic illicite», c’est ainsi que L’»Osservatore Romano» qualifie la décision européenne de poursuivre la recherche sur les cellules souches.
Dans un article en première page de l’édition du 26 juillet 2006, Marco Bellizi critique à la fois la décision de Bruxelles et les ministres italiens qui ont donné leur voix au financement de ces recherches, le 24 juillet.
«Le gouvernement italien a décidé de se ranger derrière la majorité du Conseil des ministres européens et de voter en faveur des expérimentations sur les cellules souches embryonnaires», regrette le quotidien du Saint-Siège. Faisant référence au débat italien sur la légalisation du divorce dans les années 70, puis de l’avortement en 1981, le journal dénonce l’hypocrisie gouvernementale.
«Au temps du divorce, on parlait d’entrer dans l’espace du progrès, quand on a commencé à parler de l’avortement, on a préféré une petite variation sur le thème d’un obscur progrès de la civilisation».
Ainsi aujourd’hui, «ces descendants du progrès se présentent à l’opinion publique, pénètrent de façon illicite dans l’espace le plus sacré de la conscience de millions de personnes en prétendant guider, selon le seul matérialisme élitiste, le destin de l’humanité», conclut Marco Bellizi.
Longue bataille diplomatique
Après une longue bataille diplomatique, les Etats membres de l’Union européenne sont parvenus, le 24 juillet, à un compromis sur la recherche sur les cellules souches embryonnaires pour les sept prochaines années. L’UE poursuivra ses financements, à condition que les travaux n’impliquent pas la destruction des embryons humains.
L’Allemagne était à la tête du groupe des pays opposés, pour des raisons éthiques, à ce budget pour la recherche de 50,4 milliards d’euros. Proposé par la Commission européenne, il avait été approuvé par le Parlement européen en juin dernier. Berlin menaçait de constituer une minorité de blocage, mais s’est finalement ralliée au compromis.
Outre l’assurance de ne pas financer des travaux qui impliquent la destruction d’embryons humains, le budget adopté exclut le financement du clonage humain à des fins reproductrices et la création d’embryons uniquement pour la recherche. Seuls les embryons non utilisés dans le cadre d’une procréation assistée pourront être utilisés, comme c’est déjà le cas pour les travaux financés par l’Union européenne.
L’adoption du budget européen pour la recherche est intervenue seulement quelques jours après le veto du président américain George Bush, à l’extension du financement fédéral pour la recherche sur les cellules souches aux Etats-Unis. Il avait cependant été approuvé par le Congrès. (apic/imedia/hy/pr)




