Aucun procès canonique en vue

Rome: Fondateur de la congrégation des Légionnaires du Christ

Rome, 23 mai 2005 (Apic) Aucun procès canonique ne sera engagé contre Marcial Maciel, le fondateur des Légionnaires du Christ, selon un communiqué de la congrégation en date du 20 mai 2005. Communiqué qui fait suite à l’enquête ouverte par la Congrégation pour la doctrine de la foi au sujet d’accusations graves portées contre Marcial Maciel.

Rome: Fondateur de la congrégation des Légionnaires du Christ pour le fondateur de la congrégation des Légionnaires du Christ. Cette affirmation a été confirmée par le vice porte- parole du Saint-Siège, le père Ciro Benedettini, interrogé le 21 mai par les médias américains. Ces propos font suite à l’enquête récemment ouverte par la Congrégation pour la doctrine de la foi au sujet d’accusations graves portées contre Marcial Maciel.

«Le Saint-Siège a récemment informé la congrégation des Légionnaires du Christ qu’il n’y a actuellement aucun procès canonique en cours contre son fondateur, le père Marcial Maciel, et qu’aucun procès ne sera engagé», a écrit Jay Dunlap, le directeur des communications de la congrégation des Légionnaires du Christ en Amérique du Nord, dans un communiqué daté du 20 mai 2005. Ces propos ont été confirmés par le père Ciro Benedettini, le vice-directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, interrogé le 21 mai par des vaticanistes américains.

En 1987, le prêtre mexicain fondateur de la ’Légion du Christ’, avait été accusé d’abus sexuels commis dans les années 1940, 1950 et 1960 sur de jeunes séminaristes. Le père Maciel avait alors rejeté toutes les accusations venant d’anciens membres de sa propre congrégation. Sa réputation en ayant été éclaboussée, le père Maciel avait clamé à plusieurs reprises son innocence. Sa dernière déclaration sur le sujet remonte au 22 avril 2002, date à laquelle il déclarait «catégoriquement que ces accusations contre lui étaient fausses». «Je n’ai jamais eu le genre de comportement abominable dont m’accusent ces personnes, et il n’y a rien qui soit plus éloigné de mon mode de relation avec les personnes, comme peuvent en témoigner les milliers de Légionnaires du Christ qui me connaissent», avait-il ajouté.

Pourtant, en décembre 2004, la Congrégation pour la doctrine de la foi, dirigée par celui qui était alors le cardinal Joseph Ratzinger, avait décidé d’ouvrir une enquête approfondie sur les accusations portées par huit anciens séminaristes contre le père Maciel.

La démission de Maciel n’avait rien à voir avec le scandale de moeurs

En janvier 2005, le Mexicain Alvaro Corcuera âgé de 47 ans était élu, après deux tours de scrutins, nouveau président de la ’Légion du Christ’ par le Chapitre général de la congrégation alors réuni à Rome. Il succédait ainsi à la tête de la congrégation au père Marcial Maciel, âgé de 84 ans. «Si le père Maciel ne souhaite plus assumer les responsabilités quotidiennes concernant la gestion de l’ordre religieux, il en restera le conseiller, aidera le nouveau supérieur général, et continuera à donner des conférences, car il demeure le fondateur de la Congrégation», avait toutefois expliqué le porte-parole des Légionnaires du Christ au partenaire de l’agence Apic à Rome, l’agence I.MEDIA. Le père Thomas William avait aussi déclaré que «la démission de Marcial Maciel n’avait rien à voir avec cette affaire» de scandale de moeurs, sur laquelle la Congrégation pour la doctrine de la foi ne les avait d’ailleurs «pas contactés», ce qui aurait dû être fait en cas d’enquête.

Mais s’il a eu des propos similaires en mai 2005, le père William a cependant admis ce mois-ci qu’une pré-investigation était peut-être en cours au Vatican afin de collecter des témoignages et des informations sur le passé de Marcial Maciel.

Le promoteur de justice de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le père Charles J.Scicluna, s’est en effet rendu au Mexique en avril dernier afin de rencontrer les victimes présumées du père Maciel. Il serait aussi allé aux Etats-Unis pour la même raison. Même si les anciens Légionnaires espéraient que Marcial Maciel soit jugé pour violation du sacrement de la confession – il aurait absout ses élèves après les avoir poussés à commettre des actes sexuels avec lui – les résultats de cette enquête n’ont visiblement pas été suffisamment conséquents pour que s’ouvre un procès canonique contre Marcial Maciel.

Reste désormais à savoir ce qui pourrait être entrepris lorsque le nouveau préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, Mgr Joseph Levada, aura pris possession de ses fonctions en septembre.

La Congrégation pour la doctrine de la foi prescrit cependant qu’un tribunal ecclésiastique ne peut plus accuser un clerc de ’délit contre la morale’ ou de ’délit contre la dignité et la sainteté du sacrement de la réconciliation’ après les dix ans suivant la majorité de la victime. La Congrégation a cependant la possibilité de déroger à cette règle, au cas par cas. Ces délits peuvent entraîner l’excommunication. Le tribunal de la Pénitencerie apostolique traite pour sa part les affaires non publiques qui relèvent du fors intérieur.

Ce n’est pas la première fois que le Vatican enquête sur Marcial Maciel. Entre 1956 et 1959, il avait été suspendu de ses fonctions par les autorités de l’Eglise catholique, suite à l’accusation d’usage de stupéfiant. Il avait été acquitté.

Marcial Maciel Degollado a fondé la congrégation des légionnaires du Christ en 1941 au Mexique. La branche laïque de la communauté, ’Regnum Christi’, fut créée en 1949. La congrégation des légionnaires du Christ compte aujourd’hui plus de 600 prêtres et 2800 séminaristes, présents dans 18 pays d’Europe et d’Amérique. Elle est particulièrement influente au niveau universitaire, avec un réseau de 12 universités, présentes surtout en Amérique latine. (apic/imdia/ar/vb)

23 mai 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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