« La prière est la base de tout »
Rome : Frère Aloïs, prieur de Taizé, reçu en audience par le pape
Rome, 10 mars 2008 (Apic) Benoît XVI a reçu en audience frère Aloïs, prieur de la communauté oecuménique de Taizé (France), dans la matinée du 10 mars 2008. Lors de cette troisième audience accordée au successeur du frère Roger Schutz, le pape et frère Aloïs ont parlé de «prière» et de «réconciliation», notamment au Kenya.
Interviewé par l’agence I.MEDIA, partenaire de l’Apic à Rome, à l’issue de sa rencontre avec Benoît XVI, frère Aloïs, prieur de la communauté oecuménique de Taizé (France), a expliqué avoir parlé avec lui «de la prière et de la nécessité actuelle de trouver une intériorité dans cette prière». Le pape a évoqué «les chants» et «le silence» caractéristiques de la prière de la communauté de Taizé, estimant qu’ils «répondent à un besoin».
Le prieur de Taizé a également parlé de «réconciliation» avec le pape, l’informant que sa communauté avait planifié une rencontre de jeunes à Nairobi (Kenya), en novembre prochain, «même si l’on ne sait pas bien comment cela pourra se faire après les événements». Frère Aloïs a aussi évoqué la 30e Rencontre européenne de jeunes organisée par la communauté de Taizé à Genève (Suisse), du 28 décembre 2007 au 1er janvier 2008.
Vers un « oecuménisme de la prière »
A la question de savoir où en était le dialogue oecuménique, frère Aloïs a estimé que celui-ci devait «avancer beaucoup plus vers un oecuménisme de la prière». «Cela peut sembler moins ambitieux, mais c’est la base de tout», a-t-il confié, estimant ainsi que, «sans cela, le dialogue théologique, le dialogue entre experts, ne peut pas porter de fruits». «A Genève, a encore expliqué le religieux, nous avons lancé un appel à la réconciliation des chrétiens, souhaitant qu’il y ait beaucoup plus de veillées de prière et de réconciliation».
Reçu par le pape pour la troisième fois depuis 2005, frère Aloïs s’est félicité que cette «tradition continue». Son prédécesseur, le frère Roger, était en effet été reçu chaque année par les souverains pontifes depuis Jean XXIII (1958-1963). Benoît XVI avait déjà reçu en audience frère Aloïs en janvier 2006 et en mars 2007. Interrogé sur la qualité de son échange, en allemand, avec Benoît XVI, le prieur de la communauté de Taizé a estimé que «le peu qu’il dit est très important».
Agé de 53 ans, catholique allemand originaire de Bavière, comme le pape, Frère Aloïs a succédé en août 2005 à frère Roger Schutz. Le fondateur de la communauté oecuménique avait été assassiné le 16 août de la même année par une jeune déséquilibrée.
La communauté oecuménique de Taizé a été fondée par frère Roger, un jeune protestant suisse, en 1940. Elle compte aujourd’hui une centaine de frères de diverses confessions chrétiennes, venant d’une trentaine de pays différents. Elle accueille chaque année des dizaines de milliers de jeunes dans son centre, à Taizé, un village de Bourgogne. (apic/imedia/ami/vb)



