Un pionnier de l’oecuménisme
Rome: Frère Roger Schutz de Taizé reçu en audience par Jean Paul II
Rome, 12 mars 1998 (APIC) Frère Roger Schutz, fondateur et prieur de la communauté de Taizé en Bourgogne, a été reçu en audience jeudi par Jean Paul II. Aucun commentaire n’a été rendu public sur la teneur des discussions entre le pape et le prieur de la communauté monastique œcuménique.
Jeune pasteur protestant suisse, Roger Schutz s’est installé dans le village de Taizé en août 1940. Durant la guerre, il y accueille des Juifs. En 1944, avec trois compagnons, il projette une communauté consacrée à la «Réconciliation». En 1949, les sept premiers frères s’engagent au célibat et à la vie commune. L’église de la Réconciliation sera achevée en 1962.
En 1953, frère Roger achève la rédaction de la règle. La communauté vit de son travail, n’accepte pas les dons et ne possède pas de capital. Max Thurian et Roger Schutz commencent à exercer une influence dans le dialogue oecuménique. Ils participeront au Concile Vatican II à titre d’observateurs, de 1962 à 1966.
Un pas décisif est franchi en 1969, avec l’accueil des premiers frères catholiques dans la communauté. Un premier grand rassemblement de jeunes a lieu en 1966. Il sera suivi en 1970 d’un «Concile des jeunes». Depuis, des milliers de jeunes passent chaque année par Taizé. Dans sa lettre annuelle «au peuple de Dieu», Frère Roger leur propose des engagements concrets pour nourrir leur vie chrétienne.
La Communauté de Taizé organise aussi chaque année, après Noëll, un rassemblement international de jeunes. Le dernier a réuni 80’000 jeunes à Vienne du 27 décembre au 2 janvier. (apic/cip/imed/ba
Berne: Repas interconfessionnel à l’occasion des 150 ans de la Confédération suisse
L’Evangile n’est pas un sirop !
Berne, 12 mars 1998 (APIC) «La foi ne doit pas rester une simple option individuelle, elle implique une responsabilité politique et sociale». S’exprimant jeudi à Berne devant un parterre de quelque 300 personnalités politiques et religieuses du pays, le président de la Confédération, Flavio Cotti, n’a pas mis ses convictions chrétiennes dans sa poche.
Ce premier repas interconfessionnel organisé au Kursaal de Berne à l’occasion du 150e anniversaire de la Confédération moderne, était placé sous le thème «Vision pour la Suisse, réflexion fédérale». Il a permis aux participants de conforter leurs convictions et d’exprimer leurs souhaits pour l’avenir du pays. La formule retenue par le groupe interparlementaire ad hoc, celle du «déjeuner de prière» de type américain, était inédite en Suisse. Brefs discours, témoignages, méditations, moments de prière et intermèdes musicaux ont alterné pour donner une manifestation à mi-chemin entre un congrès politique et une célébration religieuse.
Chiara Lubich, fondatrice des Focolari, avait fait le déplacement de Berne pour dire à la fois son amour et son admiration pour la Suisse, mais aussi pour lui rappeler que sa Constitution commence par les mots «Au nom de Dieu Tout-puissant».
Outre le président de la Confédération, le conseiller fédéral Adolf Oggi a également pris le temps de cette rencontre destinée à revivifier les racines chrétiennes de l’Etat et de la société suisses. Du côté des responsables religieux, on notait la présence de Mgr Amédée Grab, président de la Conférence des évêques suisses, du pasteur Heinrich Rusterholz, président de la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse, de Mgr Hans Gerny, évêque catholique chrétien de Suisse, ainsi que du métropolite orthodoxe-grec de Suisse Damaskinos. Quant à Rolf Bloch, président de la Fédération des communautés israélites de Suisse, il lui est revenu de réciter le Psaume : «Que Dieu fasse briller sa face parmi nous, pour que sur la terre on connaisse ton chemin et parmi tous les païens ton salut.»
L’Evangile n’est pas un sirop
Une dizaine de témoins de l’histoire suisse avaient également été appelés en renfort, tels Ramuz: «Un petit pays est-il condamné par sa petitesse même à ne pas connaître la grandeur? ” ou encore Gottlieb Dutweiler, fondateur de la Migros et homme politique : «L’Evangile n’est pas un sirop. Il est une force de vérité et non pas une gentille théorie». Des slogans qui devraient être plus que de simples formules pour la quarantaine de parlementaires fédéraux présents.
Même si le type de la rencontre n’a pas permis d’adorder des normes plus précises de l’agir chrétien en politique, le message d’une Confédération suisse qui refuse de renier ses racines chrétiennes est passé. L’italienne Chiara Lubich en a été très impressionnée. «C’est là que la Suisse peut donner un exemple. J’avais un peu peur d’arriver là avec mon discours très religieux. J’ai été très contente d’entendre les autres interventions où Dieu était placé au centre.»
Lars Rise, député au parlement norvégien, a défini les qualités de l’homme politique idéal: humilité, sincérité, service. «Les autorités doivent être prêtes à se mettre au service du plus faible de la société», a-t-il souligné.
Une dizaine de personnes hommes et femmes politiques, mais aussi médecin, enseignante, théologien, biochimiste ou écolière ont ensuite partagé leur vision d’une Suisse plus spirituelle, plus unie, plus solidaire, plus ouverte à l’étranger.
Ce type de manifestation surtout symbolique devrait se répéter à l’avenir, estime le Conseiller national évangélique bernois, Otto Zwygart, un des initiateurs de la démarche. (apic/mp)



