Rome: Impressions positives sur la visite de Jean Paul II en Géorgie
Un «succès» aussi bien du côté géorgien que du côté du Vatican
Tbilissi, 9 novembre 1999 (APIC) La courte visite de 24 heures de Jean Paul II en Géorgie semble un «succès» aussi bien du côté géorgien que du côté du Vatican, même si les contacts n’ont de loin pas eu la même chaleur qu’en Roumanie. «On ne peut pas comparer le patriarcat de Géorgie avec celui de Roumanie. Il était beaucoup plus facile d’aller en Roumanie que de venir en Géorgie, c’est pourquoi, pour nous, cette visite est un grand succès», estime le cardinal Edward Idris Cassidy, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens.
Répondant à une question sur le discours du patriarche Ilia II plus politique que religieux, le cardinal a déclaré que «de fait, un patriarche orthodoxe est un homme politique. S’il a parlé au pape des problèmes propres à la Géorgie, c’est qu’il voulait partager avec lui ses préoccupations personnelles».
Pour le porte-parole du Saint-Siège, Joaquin Navarro-Valls, «tout contact entre l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe n’est jamais un échec. Il faut prendre en considération l’histoire dans son ensemble. Pendant 900 ans, ces contacts n’étaient pas possibles. Sur le plan théologique, les catholiques et les orthodoxes sont très proches. Ce qui manque, ce sont précisément ces contacts personnels. Cette rencontre ouvre donc des perspectives dont nous ne pouvons pas mesurer l’importance. Le pape est content de sa visite, affirmait encore Navarro-Valls, et le patriarche aussi. Je pense qu’eux-mêmes ne peuvent pas évaluer l’importance pour l’avenir».
Côté géorgien, l’Ambassadrice de Géorgie en Italie, qui suivait le voyage sur place, considérait elle aussi cette visite comme un succès. «Cette visite est un succès pour la Géorgie en tant que pays et en tant qu’Eglise. Chez nous, on peut difficilement séparer les deux. Recevoir le pape est une bonne chose pour la promotion et le progrès du peuple géorgien, un progrès qui doit être aussi spirituel; les Géorgiens sont des gens très spirituels».
Interrogé sur la déclaration du patriarcat orthodoxe précisant que les orthodoxes ne peuvent pas participer à des services religieux d’autres confessions, l’ambassadrice a répondu que «ce communiqué n’était pas fait dans un esprit d’hostilité, ni pour empêcher les orthodoxes d’assister à la messe du pape mais plutôt par souci de précision théologique. J’étais moi-même présente à la messe du pape avec de nombreuses personnalités et des membres du gouvernement et pourtant je suis orthodoxe».
«Que chacun soit un témoin de la paix du Christ»
Jean Paul II a conclu mardi sa courte visite en Géorgie par une rencontre avec le monde de la culture et de la science ainsi qu’une brève prière avec les catholiques géorgiens dans la seule église catholique restée ouverte à Tbilissi pendant la période de persécution.
Toujours accompagné par le président géorgien Edouard Chevardnadzé, le pape s’est adressé en fin d’après-midi de mardi à 170 représentants géorgiens du monde de la culture et de la science. Il a été accueilli à nouveau par le patriarche orthodoxe Ilia II, ainsi qu’une dizaine d’évêques orthodoxes géorgiens.
«Vous avez un rôle irremplaçable» a lancé le pape aux personnalités de la culture. «C’est à vous de créer une nouvelle vision culturelle qui puisera dans l’hérédité du passé pour inspirer et former l’avenir. Cette noble tâche devient un devoir sacré au moment ou la Géorgie s’apprête à célébrer ses 3000 ans d’existence comme nation».
Avant de quitter le sol géorgien, le pape s’est arrêté dans la seule église catholique restée ouverte à Tbilissi pendant la période de persécution. Cette petite église dédiée à St
Pierre et St Paul était pleine à craquer. Plus de 350 personnes ont acclamé un pape visiblement heureux, qui souriait et plaisantait avec les prêtres et les religieuses. (apic/imed/tg)




