La crédibilité de l’Eglise repose

Rome: Intervention du cardinal Danneels sur les divorcés-remariés

sur sa défense de l’indissolubilité du mariage

Rome, 11 octobre 1999 (APIC) «Rome: Intervention du cardinal Danneels sur les divorcés-remariés aujourd’hui sur sa capacité de sauver l’amour en protégeant l’indissolubilité du mariage, parce qu’un couple uni et heureux est sans doute ce qui frappe le plus nos contemporains», a déclaré en fin de semaine dernière le cardinal Godfried Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles, lors d’une conférence donnée en marge du Synode des évêques pour l’Europe qui se déroule actuellement au Vatican.

«L’Eglise reconnaît la légitimité de la séparation des conjoints et même le divorce civil», a rappelé le cardinal Danneels. «Mais elle affirme que dans ce cas il n’y a pas de rupture totale des liens entre eux, surtout s’ils ont eu des enfants».  » La vie d’un couple dépend d’un équilibre entre le subjectif – l’amour -, et l’objectif – la référence au droit, la participation à la vie de la société, et la construction d’une famille – «, a souligné le cardinal. Aujourd’hui, on attache uniquement de l’importance au subjectif, «si bien que si à un certain moment, on ne sent plus l’amour, on croit que tout est fini». «Or c’est faux!», a insisté l’archevêque de Malines-Bruxelles, «car l’autre, lui, n’est pas mort, et ce n’est pas parce qu’il n’y a plus d’amour subjectif qu’il n’y a plus de liens».

Précisant que l’Eglise «ne juge pas la condition subjective dans laquelle se trouve le divorcé-remarié», mais «constate objectivement qu’un lien a été rompu alors qu’il ne devait pas l’être», le cardinal Danneels a expliqué que l’on peut être «objectivement dans un situation immorale», mais sans être «subjectivement coupable». «La difficulté vient de ce que beaucoup à notre époque ne savent plus faire la distinction entre l’objectif et le subjectif», a-t-il déploré.

L’Eglise considère que le mariage est une «participation à l’amour de Dieu pour l’humanité, amour qui est indissoluble», a encore expliqué l’archevêque de Malines-Bruxelles. C’est le Christ lui-même qui parle de cette indissolubilité dans l’Evangile, a-t-il fait remarquer, c’est pourquoi l’Eglise la proclame, même si cela lui donne un «rôle ingrat» face à l’opinion publique. Abordant alors la question de la communion que ne peuvent pas recevoir les divorcés-remariés, le cardinal Danneels a expliqué que ce serait «un contre sens» qu’ils reçoivent l’Eucharistie, parce que c’est «le sacrement de l’amour de Dieu qui se donne à l’humanité», amour dont le mariage humain indissoluble est un «reflet».

Différentes sortes de divorces

Il y a «différentes sortes de divorcés», a ensuite souligné l’archevêque de Malines-Bruxelles, qui distingue les couples qui se sont séparés par «consentement mutuel», gardant l’un envers l’autre «une certaine amitié, un respect, et un projet commun qui est celui de l’éducation des enfants», et les couples où l’un des conjoints a été abandonné, parce que l’autre a «trouvé mieux». «Celui qui a été abandonné a subi une profonde blessure», a fait remarquer le cardinal, «et il est très important qu’il trouve un accueil dans l’Eglise pour pouvoir y confier sa peine et son sentiment d’échec».

«De la même façon, il y a plusieurs sortes de remariages», a constaté le cardinal. On peut reconnaître de «vraies valeurs» dans certains seconds mariages, comme «la ferme volonté de faire mieux que la première fois». «Chez beaucoup de ces divorcés-remariés, il y a un vrai repentir et un désir de conversion», a-t-il assuré.

«On parle peu de ceux qui ne se remarient pas et gardent une fidélité à leur conjoint dont ils se sont séparés», a ajouté l’archevêque de Malines-Bruxelles. Pour le cardinal, ceux-là subissent de «véritables martyrs» de la part de la société «qui ne les comprend pas», et «l’Eglise dit trop peu son admiration pour eux, comme pour ceux qui, divorcés-remariés, ont le réel souci de se vivre une vie chrétienne, mais ne pouvant pas rompre pour autant leur second mariage, s’abstiennent de communier en geste d’humilité et de pénitence».

«La crédibilité de l’Eglise a reposé au début du christianisme sur ses martyrs, puis sur ses ermites, sur les moines, et ensuite sur ses missionnaires», a conclu le cardinal Godfried Danneels. «Aujourd’hui, elle dépend de sa capacité de sauver l’amour par la foi chrétienne, parce qu’un couple uni et heureux est sans doute aujourd’hui ce qui frappe le plus nos contemporains». (apic/imed/pr)

11 octobre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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