Contribuer au bien en faisant de la place au Christ
Rome: Intervention du cardinal Ratzinger sur la nouvelle évangélisation
Rome 10 décembre 2000 (APIC) «Nous ne voulons pas augmenter le pouvoir et l’extension de nos institutions, mais nous voulons contribuer au bien des personnes et de l’humanité en faisant de la place au Christ». C’est ce qu’a affirmé le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, le soir du 10 décembre, en concluant le jubilé des catéchistes et professeurs de religion, qui avait rassemblé 7’500 d’entre eux à Rome pendant deux jours.
En définissant ce qu’est la «nouvelle évangélisation», le cardinal Ratzinger a donc rejeté la tentation de «chercher immédiatement le grand succès» et d’attendre avec impatience que de grandes foules éloignées de l’Eglise se convertissent. «Ce n’est pas la méthode de Dieu», a-t-il affirmé. «Le pouvoir extérieur n’est pas le signe de sa présence».
Pour le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, le coeur de l’Evangélisation est au contraire une invitation à la conversion personnelle, qui consiste à «remettre en question sa propre vie», en l’examinant du point de vue de Dieu, et non plus en fonction des «opinions courantes» qui invitent à se justifier soi-même du mal que l’on commet par le fait que les autres agissent de la même façon.
Le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi a toutefois mis en garde contre une «réduction du christianisme à un moralisme, qui conduirait à «perdre de vue l’essence du message du Christ». Suivre le Christ n’est pas simplement une question de morale, mais une rencontre personnelle avec Dieu à travers lui.
Dieu vit, est présent et agit
De la même façon, le «royaume de Dieu» annoncé dans l’évangélisation n’est pas «une structure sociale ou politique», ni une «utopie», a souligné le cardinal Ratzinger. «Royaume de Dieu signifie que Dieu est, que Dieu vit, qu’Il est présent et qu’Il agit dans le monde et dans notre vie», a-t-il expliqué. Il est une «personne» que l’on ne peut pas connaître uniquement «de seconde main», et «c’est seulement dans l’expérience de la vie avec Dieu qu’apparaît aussi l’évidence de son existence».
Le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi a donc suggéré dans cette perspective que la liturgie mette davantage l’accent aujourd’hui sur la prière plutôt que sur l’enseignement. «Notre manière de célébrer la liturgie est souvent trop rationaliste», a-t-il regretté. «Son critère est: se faire comprendre. Il en résulte souvent la banalisation du mystère, la prédominance de nos paroles, et la répétition des phraséologies qui semblent plus accessibles et plus agréables pour les gens». Pour le cardinal Ratzinger, il s’agit là d’une erreur «psychologico-pastorale». «La vague de l’ésotérisme et la diffusion de techniques asiatiques de détente qui visent à se vider intérieurement montrent qu’il manque quelque chose dans nos liturgies», a-t-il déclaré. «Nous avons besoin, précisément dans le monde d’aujourd’hui, du silence, du mystère qui dépasse l’individu, et de la beauté».
Le cardinal Ratzinger a enfin encouragé les catéchistes à avoir eux-mêmes une «vie de prière intense». C’est là la base de toute évangélisation, a-t-il assuré, que l’usage des moyens modernes de communication ne pourra jamais remplacer. (apic/imed/bb)



