Rome: Intervention du délégué du Saint-Siège à l’ONU sur le trafic illégal des armes légères
«Les armes légères ne sont pas de simples biens commerciaux»
Rome, 12 juillet 2001 (APIC) Mgr Celestino Migliore, délégué du Saint-Siège à l’ONU, a attiré l’attention sur les dangers et les dégâts causés par les armes dites «légères» lors de son intervention, le 11 juillet, à la Conférence internationale sur le trafic illégal des armes légères qui se tient à New-York du 9 au 20 juillet.
«Les armes légères ne peuvent pas être traitées comme de simples biens commerciaux car elles sont liées à la violence, à la destruction et à la désintégration sociale», a déclaré le chef de la délégation du Saint-Siège à l’ONU.
Pour Mgr Celestino Migliore, sous-secrétaire pour les rapports avec les Etats, «il est bien connu que les poulations civiles sont celles qui souffrent le plus de l’usage de ces armes légères, et ceux qui s’engagent dans le marché illicite des armes sont des maîtres de guerre et des bandes armées aux intentions terroristes et criminelles.»
«Il est cependant impossible de bannir les armes légères comme on peut le faire, par exemple, pour les mines anti-personnelles, car il existe un droit de légitime défense par le moyen de ces petites armes. Et cela, pour le bien des familles ou de la communauté civile», a-t-il précisé en faisant référence à un texte du Conseil pontifical justice et paix publié en 1994.
«Le marché international des armes, une réflexion éthique»
Pour Mgr Celestino Migliore, ce droit à la défense «n’est pas un droit absolu et il faut développer les limites juridiques quant à la production de ces armes, leur acquisition et leur possession». Des mesures concrètes ont ainsi déjà été proposées, a-t-il poursuivi, afin de mettre en place des systèmes de marquage, de traçage et d’enregistrement des armes légères. «Le Saint-Siège applaudit ce désir politique et offre son total soutien et sa coopération afin que ce désir puisse se traduire, le plus vite possible, en des résultats concrets», a-t-il poursuivi.
Pour Mgr Migliore, il est regrettable de constater que la solidarité avec les victimes de l’usage de ces armes – instruments de destruction de masse contre les pauvres, et particulièrement les femmes et les enfants – ne soit pas toujours considérée comme une première priorité. «Il faut faire un choix entre les intérêts commerciaux et la culture de paix et de solidarité», a-t-il conclu. (apic/imed/mk/pr)




