Rome:Interview du cardinal Louis Marie Billé dans «Avvenire»

Consistoire et orientation pastorale en France

Rome, 20 mai 2001 (APIC) La question de l’évolution de l’Eglise et ses rapports avec la culture occidentale ainsi que les manifestations liées au phénomène de la mondialisation, sont les points centraux qui seront débattus lors du prochain consistoire extraordinaire,, indique le cardinal Louis Marie Billé, président de la Conférence épiscopale de France et archevêque de Lyon, au quotidien italien «Avvenire» dans son édition du 20 mai. Le cardinal Billé est par ailleurs intervenu sur les orientations pastorales de l’Eglise en France.

Pour le cardinal, «les difficultés de l’Eglise ne sont pas liées à des problèmes internes mais naissent de la rencontre entre l’évangile et le monde, entre la tradition ecclésiale et la culture contemporaine». Selon lui, «les rapports entre Rome et les Eglises particulières sont le reflet d’autres questions plus importantes: la manière dont les cultures particulières rencontrent l’évangile, comment elles vivent le phénomène de la mondialisation, comment elles affrontent les questions éthiques et les problèmes concernant le salut en Jésus-Christ. «On se trouve là, a-t-il poursuivi, au coeur des questions fondamentales».

Interrogé sur les solutions que l’Eglise en France peut trouver face au «laïcisme triomphant» et aux «réalités religieuses diverses», le cardinal Louis Marie Billé a répondu que, «les évêques français se sont réunis à Lourdes en novembre dernier et ont pris acte que les grandes orientations pastorales sur lesquelles ils discutaient il y a vingt ou trente ans, ont révélés leurs limites». Pour le cardinal, «il faut aujourd’hui chercher humblement à comprendre ce qui se passe sur le terrain, dans les paroisses, dans les mouvements associatifs et au-delà, dans le monde non chrétien. De nombreux signes peuvent indiquer le renouvellement de l’évangélisation».

Comprendre

«Les évêques, a poursuivi le président de la Conférence épiscopale, se trouvent en face d’une société extrêmement complexe: nostalgie du christianisme, population sécularisée, des jeunes qui ont des aspirations religieuses et qui ne retournent pas à l’Eglise. La méthode juste pour évangéliser est d’abord de comprendre à qui on a affaire». Concernant la baisse des vocations en occident, le cardinal a affirmé que, «c’est un gros problème sur lequel il ne faut pas se faire d’illusion. Mais dans un même temps, cela a permis une articulation entre les prêtres et les laïcs que nous n’imaginions pas il y a trente ans».

«Aujourd’hui a-t-il conclu, nous faisons tout pour que les uns et les autres trouvent leur juste place dans un respect réciproque». (apic/imed/pr)

20 mai 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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