Invitation au dialogue entre religions

Rome: Jean Paul II a reçu l’ambassadrice des Pays-Bas auprès du Saint-Siège

Rome, 23 janvier 2005 (Apic) Jean Paul II a invité le peuple néerlandais au dialogue entre religions, devant la nouvelle ambassadrice des Pays-Bas auprès du Saint-Siège, le 22 janvier. Recevant Monique Patricia Antoinette Frank venue lui présenter ses lettres de créance, le pape a aussi rappelé la position du l’Eglise en matière de lutte contre le sida et demandé une attention particulière pour l’Afrique.

Face aux défis de l’immigration et d’une société multiculturelle, rappelant que les Pays-Bas ont affronté des tensions nouvelles «qui résultent de la transformation rapide» de la société, le pape a souligné «la nécessité et l’urgence d’un dialogue approfondi entre les différents groupes qui composent la nation» pour que tous apprennent à se connaître et à se respecter. A condition d’une connaissance sereine des autres cultures, non conditionnée par des préjugés négatifs, alors, a-t-il ajouté, «il sera possible d’établir entre les différentes communautés des relations pacifiques, afin de construire tous ensemble l’édifice commun de la nation.»

«J’ai pris à nouveau l’initiative, a ensuite noté Jean Paul II, il y a maintenant près de trois ans, de réunir à Assise des représentants des grandes religions du monde» (le 24 janvier 2002, ndlr). Il a ainsi rappelé qu’il les avait invité à «susciter un dialogue approfondi entre toutes les religions» et à «renoncer absolument à toute légitimation du recours à la violence pour des motifs religieux et plus encore de le condamner explicitement.»

L’ambassadrice, dans son discours au souverain pontife, avait préalablement rappelé que son pays «connu pour sa tolérance et son accueil de nombreux étrangers, immigrants, réfugiés politiques et demandeurs d’asiles» avait été frappé en 2002 par un meurtre politique (le dirigeant populiste Pim Fortuyn, ndlr) et l’assassinat, en novembre 2004, du cinéaste Theo Van Gogh, suivi d’incendies d’églises, de mosquées et d’écoles.$

Efforts des Pays-Bas contre le sida

Dans son intervention, Madame Frank avait aussi souligné les efforts de son pays dans la lutte contre le sida et la prévention de la maladie, au Pays-Bas ainsi qu’en Afrique. Le pape lui a précisé la position du Saint- Siège qui «considère qu’il est nécessaire avant tout, pour combattre cette maladie de façon responsable, d’accroître la prévention, notamment à travers l’éducation au respect de la valeur sacrée de la vie et la formation à la pratique correcte de la sexualité, qui suppose chasteté et fidélité.» «A ma demande, a ajouté Jean Paul II, l’Eglise s’est mobilisée elle aussi en faveur des victimes et spécialement pour que leur soit assuré l’accès aux soins et aux médicaments nécessaires à travers de nombreux centres de traitement.»

Alors que les Pays-Bas ont assuré la présidence de l’Union européenne jusqu’au 31 décembre 2004, le pape a précisé à la nouvelle ambassadrice son encouragement à l’égard du projet européen «comme un apport constructif à la paix sur le continent lui-même mais aussi au-delà, le considérant comme une perspective de coopération pour d’autres régions du monde.» Ainsi, Jean Paul II a renouvelé son appel aux gouvernements de l’Union européenne à «déployer ensemble de nouveaux efforts en faveur du développement, notamment de l’Afrique, continent voisin et devenu si proche de l’Europe par les liens de l’histoire, en développant des accords de véritable coopération et de partenariat.»

Respect absolu de l’Eglise envers la personne humaine

Jean Paul II a ensuite noté que la société néerlandaise, marquée par le phénomène de la sécularisation, s’est engagée dans une politique nouvelle en matière de législation concernant le commencement et la fin de la vie humaine. Soulignant une fois encore l’attachement du Saint-Siège au respect absolu de la personne humaine, de sa conception à sa mort naturelle, le pape a invité les autorités et le personnel médical, ainsi que toutes les personnes qui exercent un rôle éducatif, «à mesurer la gravité de ces questions et donc l’importance des choix qu’ils engagent, afin de bâtir une société toujours plus attentive aux personnes et à leur dignité.»

Enfin, le souverain pontife a souligné l’engagement de la communauté catholique des Pays-Bas, l’encourageant à être «particulièrement attentive à promouvoir chaque jour le dialogue entre les personnes comme entre les groupes qui composent la société, notamment dans les grandes agglomérations urbaines, où la complexité des relations humaines peut engendrer de grandes solitudes.» Il a enfin appelé l’Eglise catholique du pays à «se mettre sans réserve au service des plus faibles, souvent marginalisés dans les sociétés modernes marquées par la compétition économique et sociale.»

Bientôt âgée de soixante ans, Monique Patricia Antoinette Frank est diplômée en philosophie. Entrée dans la carrière diplomatique en 1970, elle a successivement travaillé en ambassade à Ottawa, Berne, Jérusalem, New- York et Ankara avant de diriger les affaires générales du Ministère néerlandais des Affaires étrangères. Elle a ensuite été ambassadrice à Bucarest, Hanoi et Kiev. (apic/imedia/ami/bb)

23 janvier 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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