Appel au respect des racines chrétiennes de l’Europe

Rome: Jean Paul II a reçu le nouvel ambassadeur de Belgique auprès du Saint- Siège

Rome, 31 octobre 2002 (APIC) Le pape Jean Paul II a de nouveau souligné «la réalité incontournable» des racines chrétiennes de l’Europe, en recevant jeudi le nouvel ambassadeur de Belgique près le Saint-Siège, Benoît Cardon de Lichtbuer.

Quelques instants après avoir fait part de sa «préoccupation» quant à l’avenir des chrétiens en Europe à l’ancien président français Valéry Giscard d’Estaing, le pape a précisé qu’il est «logique» d’inscrire «l’apport décisif du christianisme» à la construction de l’Europe dans la Convention européenne.

Alors que la construction européenne «se réalise peu à peu sous nos yeux», Jean Paul II a rappelé aux autorités belges ­ le siège de l’Union européenne se trouve à Bruxelles, capitale de la Belgique – l’importance de «prendre acte des racines chrétiennes des différents peuples». Celles-ci sont, pour le pape, «une réalité incontournable de l’histoire et de la culture européennes».

En effet, a-t-il expliqué, «l’apport décisif du christianisme et de la vision chrétienne de l’homme à l’histoire et à la culture de différents pays fait partie du trésor commun, et il apparaîtrait logique que cela soit inscrit dans le projet de la Convention européenne».

Ces derniers mois, Jean Paul II a régulièrement fait part de ses préoccupations quant à l’avenir de l’Europe, notamment lorsqu’il recevait les nouveaux ambassadeurs de pays européens accrédités près le Saint-Siège. Pour lui, «il est important que soit reconnues l’existence et la liberté d’action des Eglises et des confessions religieuses, comme c’est d’ailleurs déjà le cas dans les constitutions de beaucoup de pays européens».

Devant l’ambassadeur de Belgique, le pape a encouragé les autorités belges «à appuyer le processus d’élargissement» de l’Europe, «de manière à permettre l’intégration progressive des pays d’Europe centrale et de l’Est dans l’Union». «C’est la promesse d’un avenir nouveau pour tous», a-t-il estimé.

Pédophilie et euthanasie

Abordant ensuite la situation interne de la Belgique, le pape a fait allusion au problème de la pédophilie qui a secoué le pays ces dernières années. «L’actualité récente a montré d’une manière souvent dramatique la nécessité, dans nos sociétés développées, de protéger les enfants et de s’assurer que l’éducation était bien au service du développement intégral de leurs personnes, que ce soit dans les familles ou à l’école», a-t-il déclaré. En particulier, Jean Paul II a rappelé que seul le mariage «permet à la famille d’être le lieu stable et équilibré de l’épanouissement des enfants, qui se construisent à partir des liens affectifs en référence aux figures paternelle et maternelle».

Jean Paul II a par ailleurs fait part de la «vive inquiétude» de l’Eglise et de sa «réprobation» quant au vote récent, en Belgique, d’une loi légalisant l’euthanasie. «Dans une société où trop souvent seules la bonne santé et la rentabilité semblent compter, il importe de porter un autre regard sur les personnes faibles ou en fin de vie», a-t-il lancé. «L’Eglise ressent le devoir impérieux d’intervenir, à temps et à contre-temps», a conclu le pape, invitant les catholiques belges, «devant la situation de sécularisation grandissante de la société, à retrouver sans peur et sans complexe la force du témoignage en paroles et en actes». (apic/imedia/pr)

1 novembre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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