Le pape condamne les violences aux Moluques
Rome: Jean Paul II a reçu le nouvel ambassadeur de l’Indonésie près le Saint-.Siège
Rome, 13 juin 2000 (APIC) Le pape Jean Paul II a condamné le recours à la violence au nom des convictions religieuses. Lors de l’audience accordée au nouvel ambassadeur d’Indonésie près le Saint-Siège, Widodo Sutiyo, il a condamné les «atrocités» commises aux Moluques et demandé à l’Indonésie un plus grand engagement en faveur de la liberté religieuse.
Evoquant les affrontements entre musulmans et chrétiens, qui se sont multipliés ces derniers mois dans le pays, le pape a invité les autorités à appliquer concrètement les principes de la «Pancasila», qui prévoit l’harmonie et la collaboration entre les religions en Indonésie, où 90% des habitants sont musulmans.
Jean Paul II a cité explicitement les «atrocités, massacres, destructions», ainsi que les «tensions persistantes» dans les îles Moluques. La communauté internationale attend de l’Indonésie qu’elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens, et qu’elle mette fin immédiatement à la violence, a-t-il ajouté. «Je demande à toutes les parties en cause de retrouver la voie du dialogue et de la négociation pacifique, dans un esprit de respect mutuel et de tolérance».
Jean Paul II a par ailleurs abordé la question du Timor-oriental, dont 85% des habitants sont catholiques. Pour notamment s’inquiéter des conditions de vie des habitants qui se sont réfugiés dans la partie ouest de l’île, après le déchaînement des violences des milices pro-indonésiennes, à la suite du référendum du 30 août 1999.
Pour Jean-Paul II, une solution juste à leur égard nécessite «une plus grande collaboration entre les parties impliquées», et les autorités indonésiennes et timoraises doivent s’efforcer de construire «une relation d’amitié et de coopération fondée sur les principes de justice, de respect mutuel et de solidarité».
Enfin, Jean Paul II a exprimé l’espoir de voir l’Indonésie s’orienter clairement vers la démocratie et vers une «plus grande responsabilité» dans les organes du gouvernement et de l’administration, après l’arrivée au pouvoir, il y a quelques mois, du premier président indonésien élu démocratiquement, Abdurrahman Wahid, reçu au Vatican le 5 février dernier.
Avec quelque 120 millions d’habitants l’Indonésie est le plus grand pays musulman du monde. (apic/imed/pr)



