Le pape souhaite une solution aux difficultés de la commission
Rome: Jean Paul II a reçu Romano Prodi
Rome, 28 octobre 2004 (Apic) Le pape Jean Paul II a exprimé le 28 octobre son souhait de voir une solution aux difficultés concernant la nouvelle Commission européenne, solution qui respecte et s’accorde avec toutes les instances concernées.
A la veille de la signature par les 25 chefs d’Etat de la nouvelle constitution européenne à Rome, le pape a reçu le président de la Commission européenne en fin de mandat, Romano Prodi, auquel il a rappelé le soutien permanent du Saint-Siège à la construction européenne.
«Aujourd’hui, spécialement, je souhaite me féliciter avec vous de l’oeuvre réalisée durant votre mandat à la tête de la Commission européenne», a confié Jean Paul II à Romano Prodi, dans un discours qu’il n’a pas lu mais qu’il lui a remis en mains propres. «Je forme simultanément le souhait que les difficultés surgies ces derniers jours au sujet de la nouvelle Commission européenne, puissent trouver une solution de respect réciproque dans un esprit de concorde entre toutes les instances concernées», a-t-il poursuivi.
Mécontents de la composition de la nouvelle Commission européenne proposée par José Manuel Durao Barroso, certains europarlementaires ont contraint le futur président de la Commission à renoncer à demander l’aval du Parlement européen sur son équipe constituée, le 27 octobre 2004. L’équipe de Romano Prodi, dont le mandat arrivera à son terme le 1er novembre, a accepté de rester en fonctions jusqu’à l’investiture de l’équipe dirigée par son successeur portugais. «Je pense que le Parlement européen pourra donner le 17 novembre un vote favorable à la nouvelle Commission», a déclaré l’Italien à la presse le 27 octobre, ajoutant que selon lui, «plusieurs commissaires seraient changés».
«Le Saint-Siège a favorisé la formation de l’Union européenne, même avant qu’elle se structure juridiquement, et en a ensuite suivi les différentes étapes avec un vif intérêt», a ensuite rappelé le pape dans son texte. «Il s’est aussi toujours senti le devoir d’exprimer ouvertement les attentes justes d’un grand nombre de citoyens chrétiens de l’Europe, qui demandaient son appui». «C’est pour cela que le Saint-Siège a rappelé à tous comment le christianisme, dans ses diverses expressions, a contribué à la formation d’une conscience commune des peuples européens, et a donné un grand apport pour modeler leur civilisation», a-t-il encore ajouté.
Un fait indéniable
«Reconnu ou non dans les documents officiels, c’est un fait indéniable qu’aucun historien ne pourra oublier», a expliqué le pape. «Puisse l’Union européenne toujours exprimer le meilleur des grandes traditions de ses Etats membres, agir activement dans le domaine international pour la paix entre les peuples, et offrir une aide généreuse pour la croissance des peuples plus besogneux des autres continents», a-t- il aussi souhaité.
«A vous qui nous avez fait voir l’Europe de haut», était la dédicace inscrite la photo satellitaire de l’Europe offerte en hommage à Jean-Paul II par Romano Prodi et sa suite. Au cours de la rencontre chaleureuse entre les deux hommes dans la bibliothèque apostolique, le Bolognais a exprimé son désir de travailler à nouveau pour la politique italienne.
«Au cours des entretiens, certains problèmes ont été passés en revue, en particulier l’unité européenne et le rôle international de l’Europe, surtout pour la paix dans le monde, et pour le développement des peuples, notamment ceux d’Afrique», a déclaré le porte-parole du Saint-Siège, Joaquin Navarro-Valls, en fin de matinée. L’actuel président de la Commission européenne a en effet poursuivi sa visite au Vatican par une rencontre avec le cardinal secrétaire d’Etat, Angelo Sodano, à laquelle assistait le secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, Mgr Giovanni Lajolo.
Mesures de sécurité
Romano Prodi est venu dans la capitale italienne à l’occasion de la signature du Traité constitutionnel européen par les vingt-cinq Etats de l’Union européenne. La constitution, approuvée lors du Conseil européen de Bruxelles en juin 2004, devrait être signée par les vingt-cinq chefs d’Etat le 29 octobre 2004 à 11h, au Capitole, à Rome. «Ce lieu choisi revêt une valeur symbolique claire : qui dit Rome, dit en effet irradiation de valeurs juridiques et spirituelles universelles», a commenté le pape. C’est en effet également au Capitole, au coeur de la ville éternelle, qu’avait été signé par les six Etats européens alors concernés le Traité du 25 mars 1957, marquant la naissance de la Communauté économique européenne.
Pour ce nouvel événement historique, les mesures de sécurité ont été sévèrement renforcées à Rome. La circulation sera interrompue dans le centre de la capitale de 8h30 à 15h le 29 octobre, tandis que 70000 membres de la sécurité, policiers et gendarmes, seront déployés dans la zone clé, afin de mieux la contrôler. (apic/imedia/ar/pr)




