Confirmation du cardinal Javier Lozano Barragán
Rome: Jean Paul II a refusé l’acharnement thérapeutique en fin de vie
Rome, 4 octobre 2007 (Apic) Le pape Jean Paul II (1978-2005) a refusé des soins dans les derniers jours de sa vie au nom du refus de l’acharnement thérapeutique, a confirmé jeudi le cardinal Javier Lozano Barragán, président du Conseil pontifical pour la pastorale de la santé, lors d’un débat sur le «testament biologique» organisé à Milan le 3 octobre
Le quotidien italien «Corriere della Sera», organisateur de cette rencontre milanaise, a fait un compte-rendu des propos du «ministre de la santé» du Vatican dans son édition du 4 octobre. Le 30 mars 2005, deux jours avant sa mort – le 2 avril -, les médecins de Jean Paul II, frappé d’une septicémie, lui proposèrent une nouvelle hospitalisation. «Il a demandé ’si vous m’emmenez au Gemelli (l’hôpital de Rome où il était soigné, ndlr) aurez-vous la possibilité de me guérir ?’ La réponse fut ’non’. Alors a-t-il répliqué, ’je reste ici, je m’en remets à Dieu’», a rapporté le cardinal Barragán.
A la question de savoir si ce refus de Jean Paul II relevait du refus de l’acharnement thérapeutique revendiqué par l’Eglise, le cardinal mexicain a répondu : «oui, dans le sens de soins disproportionnés et inutiles». Il reste cependant à l’Eglise «à définir avec précision quels sont les traitements disproportionnés», a conclu le haut prélat.
Les partisans du droit à l’euthanasie montent au créneau
Après la publication, le 14 septembre 2007, d’une note de la Congrégation pour la doctrine de la foi rappelant l’obligation d’alimenter et d’hydrater les malades en état végétatif, les partisans italiens du droit à l’euthanasie sont montés au créneau. Pour se faire, ils se sont saisis du dossier médical et de la mort de Jean Paul II en affirmant que celui-ci se serait laissé mourir.
Le 26 septembre 2007, à Rome, le directeur de la revue laïque de gauche MicroMega, Paolo Flores d’Arcais, avait convoqué la presse pour demander que toute la lumière soit faite sur la mort de Karol Wojtyla et pousser l’Eglise à changer son discours sur les conditions de la fin de vie. Il était accompagné de l’anesthésiste Lina Pavanelli, auteur d’un article controversé sur «la mort douce de Karol Wojtyla». Un sondage datant de 2006 indique que 60% des Italiens sont favorables à l’euthanasie, même si l’Eglise la condamne fermement. (apic/imedia/hy/pr)



