Inquiétude face à une Europe qui occulte Dieu

Rome: Jean Paul II accueille quatre nouveaux ambassadeurs

Rome, 12 décembre 2003 (Apic) A l’occasion d’une rencontre avec quatre nouveaux ambassadeurs auprès du Saint-Siège, le 12 décembre, Jean Paul II a manifesté son inquiétude face à une Europe qui occulte Dieu et souhaité que les acteurs au Proche Orient puissent mettre en place de «véritables négociations» pour arriver à la paix.

Le pape a reçu conjointement les nouveaux ambassadeurs du Danemark, de Singapour, du Qatar et de l’Estonie, leur adressant un discours personnel puis un rapide discours commun. C’est en s’adressant au Danois Birger Dan Nielsen que Jean Paul II a de nouveau regretté que «l’éclipse du sens de Dieu impose son ombre, non seulement sur son propre pays, mais sur l’ensemble du continent européen».

Alors que les dirigeants européens sont réunis depuis le 12 décembre à Bruxelles pour tenter de trouver un accord sur la Constitution européenne – qui ne contient toujours pas de référence aux racines chrétiennes -, le pape a encore une fois souligné qu’une «vision de l’Europe détachée de Dieu ne peut que provoquer une fragmentation sociale, une confusion morale et une désunion politique». Il a en outre, évoqué «des signes troublants qui obscurcissent l’horizon du continent européen» et jugé que les tenants d’une Europe sans Dieu, «qui affirment parler au nom des peuples d’Europe», sont «aveugles à la réalité de la plus haute loi objective inscrite dans le coeur de chaque homme et de chaque femme et connue par la conscience humaine».

Estonie: difficile transition entre l’oppression et la liberté

Sur ce même thème, Jean Paul II s’est adressé au nouvel ambassadeur de l’Estonie, Priit Kolbre, se disant assuré que son gouvernement «allait soutenir les efforts du Saint-Siège» pour que la Constitution européenne reconnaisse les racines chrétiennes du continent. Le pape a, en outre, souligné l’importance de la crise de la famille en Estonie. «La transition entre l’oppression et la liberté» est une étape «difficile», a-t-il précisé, durant laquelle il faut éviter de tomber «d’une politique idéologique et répressive» à une «idéologie séculariste destructive». Evoquant «la tragédie du divorce» et «le fléau de l’avortement», il a invité les responsables politiques à soutenir les valeurs de la famille.

Le nouvel ambassadeur du Qatar, Mohamad Jaham Abdulaziz Al-Kawari, a pour sa part, émis le voeu d’une fin rapide du conflit au Proche-Orient dans son discours adressé au pape. Ce dernier a alors rappelé «à la communauté internationale son devoir d’oeuvrer avec insistance auprès des parties en cause pour que s’engagent de vraies négociations, invitant aussi les autorités et les peuples en présences à saisir toutes les occasions pour envisager un avenir de paix et de fraternité».

Jean Paul II a par ailleurs apprécié «l’attitude accueillante» du gouvernement du Qatar vis-à-vis des chrétiens. Reprenant son message pour la Journée mondiale de la paix en 2002, il a affirmé que «les confessions chrétiennes et les grandes religions de l’humanité doivent collaborer entre elles pour éliminer les causes sociales et culturelles du terrorisme».

S’adressant enfin au nouvel ambassadeur de Singapour, Walter Woon, le pape a insisté sur l’importance de la poursuite du dialogue inter religieux en Asie, «dans une région marquée par des tensions récentes et de tragiques accidents».

A l’ensemble des ambassadeurs réunis autour de lui, Jean Paul II a émis le souhait que «tous les acteurs de la vie publique, en particulier dans les domaines politiques et économiques, aient un sens moral toujours plus affiné dans la conduite des affaires publiques». (apic/imedia/bb)

12 décembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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