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Rome: Jean Paul II appelle catholiques et orthodoxes roumains à collaborer

Rome, 2 mars 2003 (Apic) Jean Paul II a demandé aux catholiques de rites latin et oriental de collaborer avec les orthodoxes dans le cadre de la construction européenne. En recevant les évêques catholiques roumains en visite Ad limina, le 1er mars 2003, le pape les a par ailleurs mis en garde contre les dangers de la société moderne.

Rappelant que la Roumanie est candidate à l’Union européenne – son intégration est prévue pour 2007 -, le pape a insisté pour que les Roumains ne perdent pas leur héritage spirituel. «En entrant dans les structures européennes, le peuple roumain ferait bien de se souvenir qu’il n’a pas que quelque chose à recevoir, mais qu’il a aussi un riche héritage spirituel, culturel et historique à offrir au bénéfice de l’unité et de la vitalité du Vieux continent», a-t-il affirmé.

Jean Paul II a souvent fait part, ces derniers mois, de sa préoccupation face au débat sur les racines religieuses de l’Europe. Certains groupes de pression voudraient en effet retirer l’allusion faite à ces racines dans la Constitution en cours d’élaboration à Strasbourg.

Le 1er mars, le président de la commission chargée de rédigée cette Constitution, Valéry Giscard d’Estaing, a toutefois assuré qu’une telle référence serait faite dans la version finale.

Pour le pape, il s’agit d’une «urgence», face «aux dangers qui se présentent dans la société actuelle. Faisant particulièrement allusion aux questions liées à la famille, comme l’avortement ou le divorce, il a appelé le peuple roumain à éviter toute «ambiguïté». «S’il est vrai que vous avez su résister au matérialisme athée militant, en conservant l’héritage de l’annonce chrétienne, il faut maintenant faire émerger du coeur des fidèles cette richesse intérieure». «C’est seulement de cette manière qu’il sera possible de faire face à la dangereuse avancée d’une vision matérialiste de l’existence».

L’enjeu de l’unité

En conclusion, Jean Paul II a appelé les catholiques roumains, de rites latin et grec-catholique, «à retrouver la pleine unité avec l’Eglise orthodoxe» pour mieux agir dans ce contexte politique et social. S’adressant plus particulièrement aux grecs-catholiques, il a souligné leur mission particulière dans ce domaine. «Les difficultés certes ne manquent pas et les importants sacrifices doivent être mis en valeur, a-t-il affirmé. Toutefois, l’enjeu est si élevé qu’il mérite un effort généreux de la part de tous».

Les relations entre les grecs-catholiques – qui représentent 5% de la population roumaine – et les orthodoxes roumains – près de 85% de la population -, sont particulièrement tendues en raison d’un différend qui concerne les biens immobiliers de cette Eglise, confisqués par le régime communiste en 1948 au profit des orthodoxes. Depuis plusieurs années, les grecs-catholiques demandent en vain la restitution de leurs biens. Par ailleurs, interrogé par I’Apic le 28 février, Mgr Florentin Crihalmeanu, évêque du diocèse grec-catholique de Cluj-Gherla, a dénoncé la volonté orthodoxe d’»annuler» les racines catholiques du pays. (apic/imedia/sh)

2 mars 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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