Rendez-les à leur famille

Rome: Jean Paul II appelle les ravisseurs en Irak à libérer leurs otages

Rome, 18 avril 2004 (Apic) Jean Paul II «supplie les preneurs d’otages de rendre les personnes qu’ils détiennent à leur famille» dans son message du Regina Caeli du 18 avril, dimanche de la divine miséricorde. «Que cesse l’effusion de sang du frère !» s’est-il encore exclamé, faisant référence aux récents événements du Proche-Orient.

Dans son message du Regina Caeli du 18 avril, dimanche de la divine miséricorde, le pape a invité les ravisseurs à «avoir des sentiments humains», les suppliant de rendre les otages à leur famille. Il a ajouté: «Je prie le Dieu miséricordieux pour les peuples de Terre-Sainte et d’Irak, et pour tous ceux qui travaillent dans ces régions à la réconciliation et la paix», expliquant qu’il suivait «avec grande tristesse les nouvelles tragiques de Terre-Sainte et d’Irak».

Le nouveau chef du Hamas, Abdel Aziz Rantisi, a été tué sous le coup de missiles israéliens dans le centre de Gaza, le 17 avril 2004, tandis que son prédécesseur, le cheikh Ahmed Yassine, avait été assassiné le 22 mars. Par ailleurs, une quarantaine de personnes originaires d’une douzaine de pays ont été enlevées par des groupes musulmans en Irak, en l’espace de deux semaines. Si un certain nombre a été libéré, un Italien a été exécuté le 14 avril et le sort de certains reste en suspens.

«Que cesse l’effusion du sang du frère ! De tels actes inhumains sont contraires à la volonté de Dieu», a scandé le souverain pontife, assurant «les familles inquiètes du sort des leurs, spécialement de ceux qui ont été pris en otage», de sa pensée et de sa prière.

Sacrement universel de la tendresse paternelle

«Martyrisé et bafoué, Jésus a invoqué la miséricorde pour ses bourreaux. Ses bras ouverts et son coeur transpercé sont ainsi devenus le sacrement universel de la tendresse paternelle de Dieu, qui offre à tous le pardon et la réconciliation», a expliqué Jean Paul II en cette fête de la divine miséricorde, commentant aussi les écritures du temps pascal.

«Aujourd’hui dimanche de la divine miséricorde, le Seigneur nous envoie porter à tous sa paix fondée sur le pardon et sur la rémission des péchés. Il s’agit d’un don extraordinaire, qu’il a voulu lier au sacrement de la pénitence et de la réconciliation», a-t-il dit. «Comme l’humanité a besoin d’expérimenter l’efficace miséricorde de Dieu, en ces temps marqués par l’incertitude croissante et les conflits violents!», s’est-il exclamé.

Encadré

Le cardinal Tarcisio Bertone fait tout son possible pour aider les familles des otages

Le cardinal Tarcisio Bertone espère que les otages détenus en Irak «seront tous libérés, Italiens et non Italiens». Il a souhaité des ravisseurs musulmans «qu’ils aient des coeurs d’hommes et de frères». L’archevêque de Gênes, ville de l’un des quatre otages italiens, tué le 14 avril 2004, Fabrizio Quattrochi, a promis de faire son possible pour obtenir la dépouille de la victime. «Nous ferons tout pour donner une sépulture digne à ce garçon», a-t-il affirmé à la presse italienne le 17 avril 2004, après avoir rendu visite à la famille de l’Italien de 36 ans. «Je leur ai promis d’activer, à travers les représentants du pape à Bagdad, toutes les forces possibles pour rapatrier le corps», a poursuivi le cardinal Tarcisio Bertone.

Réaliste, le cardinal a toutefois affirmé que la libération des otages était une entreprise difficile parce que «ces groupes se déplacent rapidement, sont difficilement identifiables, et ne sont pas liés à une autorité avec laquelle on puisse négocier». Il a encore reconnu: «Nous sommes impuissants. Seul un miracle peut sauver les otages».

(apic/ imedia/vb)

18 avril 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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