Face au désarroi, la libéralisation n’est pas une solution

Rome: Jean-Paul II en appelle à une mobilisation contre l’esclavage de la drogue

Rome, 12 octobre 1997 (APIC) Le pape a invité samedi les Etats et la société à un engagement plus actif contre le fléau de la drogue. Par la prévention et l’aide aux toxicomanes, mais aussi par une lutte plus efficace contre la délinquance marchande et financière du commerce de la drogue qui échappe la plupart du temps à la loi la justice. Jean Paul II refuse par contre toute idée de libéralisation des drogues.

Le pape Jean-Paul II s’est adressé samedi aux participants du Congrès sur la drogue intitulé «Solidaires pour la vie» et organisé par le Conseil pontifical pour la pastorale des services de santé. Face à la recrudescence de la toxicomanie qui atteint désormais tous les milieux et toutes les régions du monde le pape constate «qu’un grand désarroi et qu’un sentiment d’impuissance envahissent la société». Ce qui à ses yeux ne constitue pas des raisons suffisantes pour céder aux courants d’opinion qui proposent de légaliser la production et le commerce de certaines drogues. La distinction entre drogues dures et drogues douces néglige les risques inhérents à tout produit toxique, en particulier, la dépendance, relève le pape. Quelle que soit la drogue, son principal effet est l’atténuation de la conscience et l’aliénation de la volonté et de la liberté personnelles.

Derrière ce qui peut apparaître comme de la fascination pour une sorte d’auto-destruction, il faut percevoir chez les toxicomanes un appel à l’aide et une profonde soif de vivre. Trop de jeunes sont livrés à eux-mêmes, ne bénéficient pas d’un foyer stable, d’une scolarisation normal, ni de l’encadrement socio-éducatif qui les aideraient à forger leur volonté et à maîtriser leur affectivité, relève Jean Paul II.

La lutte contre le fléau de la toxicomanie est l’affaire de tous. A commencer par les parents à qui le pape rappelle l’importance d’un foyer stable et de la sécurité affective. Les éducateurs sont appelés à former la conscience des jeunes dans un dialogue constructif pour leur permettre de vivre des relations harmonieuses et résister aux sollicitations de ceux qui répandent la drogue.

Les Etats doivent sans cesse perfectionner les législations de lutte contre la toxicomanie, notamment contre les richesses scandaleusement acquises en exploitant la fragilité des personnes sans défense. Enfin un travail de prévention mettant en garde contre les dangers des drogues est indispensable.

«J’invite les parents dont un enfant est toxicomane à ne jamais désespérer, à maintenir le dialogue avec lui, à lui prodiguer leur affection et à favoriser les contacts avec les structures capables de le prendre en charge. L’attention chaleureuse d’une famille est un grand soutien pour la lutte intérieure et pour les progrès d’une cure de désintoxication», conclut Jean Paul II. (apic/imed/mp)

10 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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