Rome: Jean Paul II exprime sa «profonde douleur» pour le peuple irakien
Le pape manifeste son amertume face à l’espérance
trop souvent déçue mise dans les organisations internationales
Rome, 20 décembre 1998 (APIC) Le pape Jean Paul II a exprimé dimanche sa «profonde douleur» pour le peuple irakien, après quatre jours de bombardements intenses et meurtriers sur l’Irak. Il a en outre manifesté son «amertume face à l’espérance trop souvent déçue» mise dans les organisations internationales et le droit des nations.
S’adressant dimanche aux pèlerins réunis sur la place St-Pierre pour la traditionnelle prière de l’Angélus, le pape a dit dans un langage particulièrement ferme son «amertume de constater combien, trop souvent, les espérances mises dans la validité et dans la force du droit international et dans les Organisations appelées à en garantir l’application, sont déçues».
Remis de la légère grippe qui l’a contraint vendredi à annuler ses rendez-vous, le pape a demandé aux parties en présence de faire «prévaloir la solidarité humaine et le respect de l’ordre international».
Le pape a encore renouvelé son appel contre les affrontements armés. «La guerre n’a jamais été et ne sera jamais un moyen adéquat pour la solution des problèmes entre les pays!», a-t-il lancé avec force. Il y a un peu plus d’un mois, lors de l’Angélus du 15 novembre, alors que les risques de guerre en Irak avaient considérablement augmenté, le pape avait demandé de ne pas abandonner la voie du dialogue et de la diplomatie.
Au premier jour du conflit, des bombardements unilatéralement décidés par les forces américano-anglaises au mépris des pays membres de l’ONU, le Vatican avait condamné très vivement l’agression des Etats-Unis et de l’Angleterre contre l’Irak.
Les frappes, sous forme de bombes qui ont fait de très nombreuses victimes civiles en Irak, ont-elles renforcé encore la volonté du pape de se rendre en Irak? Un tel voyage sur les pas d’Abraham dans le cadre du Jubilé de l’An 2000 est à l’ordre du jour du Saint-Siège depuis un moment déjà. Le pape en personne a réitéré à maintes reprises l’idée d’effectuer ce pèlerinage. La possibilité d’un voyage de Jean Paul II en Irak n’est en effet pas à exclure, a du reste confirmé samedi le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat du Vatican, dans une entrevue accordée au journal télévisé de la chaîne italienne RAI.
Peu avant la prière de l’Angélus, le pape a rappelé le sens de la fête de Noël désormais très proche. Il a invité les familles, en plein préparatifs de la crèche ou du traditionnel sapin, à ne pas «s’arrêter à l’aspect extérieur». Ce n’est pas un «fête folklorique» a relevé le pape mais la «vérité profonde» de l’incarnation du Fils de Dieu. (apic/imed/pr)




