Emotion et interrogation de Jean Paul II

Rome: Jean Paul II fête 20 ans de pontificat avec le diocèse de Rome

Rome, 18 octobre 1998 (APIC) Après avoir célébré ses 20 ans d’élection jeudi 16 octobre «en famille», avec ses compatriotes polonais, le pape Jean Paul II a à nouveau fêté l’événement dimanche 18 octobre, Journée mondiale des Missions. Avec le diocèse de Rome cette fois, rassemblé Place Saint-Pierre, en présence du cardinal Camillo Ruini, vicaire de Rome, pour une célébration eucharistique présidée par le pape et concélébrée par plus de 1500 cardinaux, évêques et prêtres. Une célébration toute d’émotion et de sensibilité. Jean Paul II s’est notamment interrogé sur ses 20 ans de pontificat, le plus long de ce siècle. Il a demandé à la foule, nombreuse, de prier pour qu’il puisse accomplir sa mission: entrer avec l’Eglise dans ce 3e millénaire.

Le pape avait revêtu pour l’occasion une chasuble offerte par son diocèse. Deux jeunes romains de 20 ans, l’âge du pontificat, ont été choisis pour lire les 2 premières lectures de la messe. Un catéchiste, un représentant de la Caritas diocésaine, et un jeune étudiant ont dit les intentions de prière, tandis que des «missionnaires» laïcs de la grande mission dans la ville pour le Jubilé ont apporté les offrandes. A la fin de la célébration, lors de l’Angélus, 40 enfants ont offert au pape un jeu scénique alors que le Choeur de Mgr Frisina exécutait un «Totus tuus» (devise épiscopale du pape, en l’honneur de la Vierge), composé pour les 50 ans de sacerdoce du pape.

Le temps d’un bilan

Soulignant le caractère «missionnaire» de sa nouvelle encyclique sur les rapports réciproques de la foi et de la raison, le pape a réaffirmé, lors de l’angélus, l’importance de la proclamation de la vérité tout au long de son pontificat. «Malheur si l’humanité perdait le sens de la vérité, le courage de la chercher, la confiance de la trouver. Ce n’est pas seulement la foi qui en sortirait compromise, mais le sens même de la vie». Il a évoqué à ce propos sainte Thérèse de Lisieux, proclamée Docteur de l’Eglise il y a un an par Jean Paul II, et Edith Stein, qu’il vient de canoniser et qu’il appelle la «philosophe sainte».

Jean Paul II a ensuite dressé un bref bilan. «Après vingt ans de service sur le Siège de Pierre, a-t-il dit, je ne peux pas aujourd’hui ne pas me poser ces questions: As-tu tenu cela? As-tu été un maître diligent et vigilant de la foi dans l’Eglise? As-tu cherché à rapprocher les hommes d’aujourd’hui de la grande oeuvre du Concile Vatican II? As-tu cherché à satisfaire les attentes des croyants dans l’Eglise, et aussi cette faim de vérité qui se fait sentir dans le monde, en dehors de l’Eglise?» Et de relever: «Annoncer la parole, c’est là ma tâche, en faisant tout mon possible pour que le Fils de l’homme, quand il viendra, trouve la foi sur la terre».

La lecture du passage du livre de l’Exode où Moise est montré en prière, les mains levées, lui arrache cette exclamation: «Voilà une icône d’une force expressive extraordinaire: l’icône du pasteur priant..». Et d’ajouter aussitôt: «La prière du pasteur soutient le troupeau. C’est certain. Mais il est aussi vrai que la prière du peuple soutient celui qui a la charge de le guider. Il en est ainsi depuis le début». Il a cité à ce moment le passage des Actes des Apôtre où l’Eglise de Jérusalem prie pour Pierre emprisonné puis miraculeusement délivré. «Moi même j’en suis témoin pour l’avoir expérimenté personnellement. La prière de l’Eglise a une grande puissance».

«J’ai senti ces jours-ci le cœur de l’Eglise battre à côté de moi»

Le pape a enfin remercié tous ceux qui lui ont exprimé leur «solidarité» à l’occasion de ces 20 ans, en nommant tout particulièrement les personnes malades et souffrantes, les contemplatifs, les religieux, les familles, et les fidèles présents Place Saint-Pierre, dont le président de la République italienne, Oscar Luigi Scalfaro et de nombreux Polonais. «J’ai senti ces jours-ci le coeur de l’Eglise battre à côté de moi». A propos de Rome et de l’Italie, qu’il appelle souvent sa seconde patrie, le pape a eu ces paroles chaleureuses: «Je voudrais témoigner ma gratitude pour la façon chaleureuse avec laquelle la Ville de Rome et l’Italie m’ont accueilli dès les premiers jours de mon ministère pétrinien». (apic/imed/pr)

18 octobre 1998 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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