Portrait spirituel du pape polonais
Rome: Jean Paul II homme de prière et de grande liberté intérieure
Rome, 2 avril 2007 (Apic) Le cardinal Camillo Ruini, vicaire de Rome, a présenté Jean Paul II comme un homme de prière et de grande liberté intérieure. Il s’exprimait à l’occasion de la clôture de la phase diocésaine du procès en béatification de Jean Paul II, le 2 avril. Dans le portrait spirituel qu’il a peint du pape polonais, le cardinal Ruini a aussi rappelé les derniers moments de sa vie du pontife mort deux ans plus tôt.
Dans la «petite réflexion, presque une méditation» qu’il a présentée sur la «figure spirituelle» de Jean Paul II, le cardinal Ruini a mis en avant le rapport personnel de Karol Wojtyla avec Dieu. «Tous ceux qui l’ont connu, de près et aussi de loin ont été touchés par la richesse de son humanité, de sa pleine réalisation comme homme», a confié le cardinal italien.
Le cardinal Ruini a tenu à rappeler une composante essentielle de la personnalité de Karol Wojtyla : la liberté. Une extraordinaire liberté intérieure, qui s’exprimait dans de multiples directions. Dans son rapport avec les biens matériels, il était un homme de «pauvreté concrète et radicale», totalement détaché de l’argent et des objets. «Mais il était aussi détaché et libre de lui-même, il ne cherchait pas son propre succès», a ajouté le vicaire du diocèse de Rome.
La liberté, trait essentiel de Jean Paul II
Pour le cardinal italien, cette liberté l’a aussi rendu très libre face aux autres. Le pape polonais savait être autonome dans des décisions définitives, et surtout il ne renonçait pas à prendre des décisions difficiles et «incommodes» par peur des réactions des autorités hostiles à l’Eglise, dans les années de son ministère en Pologne, ou de l’incompréhension et de l’hostilité de l’opinion publique prédominante, dans les années de son pontificat, a continué le cardinal Ruini.
La grande expression «N’ayez pas peur», avec laquelle il a ouvert son pontificat, est aussi née de cette liberté intérieure nourrie par la foi, et cela a été, dans le concret de l’histoire, une parole contagieuse qui a libéré la Pologne, et pas seulement la Pologne, de la peur et de la sujétion politique, culturelle et spirituelle, selon Mgr Ruini.
Le cardinal italien a aussi rappelé que Jean Paul II, «comme prêtre, mais ensuite comme évêque et comme pape», s’était dédié à l’attention aux personnes et à leurs problèmes.
Le cardinal Ruini a par ailleurs souligné ses talents de communicateur spontané et le programme de nouvelle évangélisation pour lequel il s’était personnellement dédié à travers tous ses voyages missionnaires. Le cardinal a aussi évoqué la formidable invention que sont les Journées mondiales de la jeunesse, expression universelle de son amour de prédilection pour les jeunes.
Le vicaire du pape pour le diocèse de Rome a aussi rappelé l’engagement de Jean Paul II pour la défense et la promotion de la dignité et des droits des hommes et des peuples. Sa lutte pour la libération du totalitarisme communiste, la revendication de la justice pour les peuples affamés et l’engagement soutenu pour la paix dans le monde. Il a aussi noté sa grande bataille pour la vie humaine, contre l’avortement et pour la famille. «Ses voyages apostoliques, comme les visites en paroisses romaines ont été inséparablement, une oeuvre d’évangélisation et un acte d’amour de service pour l’Eglise qui vit dans les diverses parties du monde», a-t-il affirmé.
Souffrances des derniers jours
Enfin, le cardinal Ruini a évoqué les derniers jours du pape polonais. Il a souffert dans sa chair et dans son esprit, a-t-il expliqué, ajoutant qu’il avait lui-même été témoin de sa peine à devoir interrompre, alors qu’il les avait presque terminées, ses visites dans les 333 paroisses romaines. «Mais il supportait la maladie et la douleur physique avec grande sérénité et patience», a aussi expliqué le cardinal Ruini. Il continuait avec ténacité à remplir le plus possible ses propres devoirs, sans faire peser sur les autres ses infirmités.
Le cardinal a aussi rapporté les paroles de Jean Paul II à son secrétaire particulier, le jour de Pâques 2005. Ne pouvant pas s’exprimer face à la foule réunie place Saint-Pierre, Jean Paul II se serait penché vers Stanislaw Dziwisz pour lui murmurer : «Il serait peut-être mieux que je meure si je ne peux pas accomplir la mission qui m’a été confiée», ajoutant ensuite : «que ta volonté soit faite. Totus Tuus».
Le cardinal italien a conclu en évoquant l’agonie de Jean Paul II, le 2 avril 2005. Après avoir récité toutes les prières quotidiennes, il se pencha vers la soeur Tobiana Sobotka qui le veillait pour lui dire : «laissez moi aller vers le Seigneur». Puis il tomba dans le coma. Alors que l’on célébrait la messe dans sa chambre, Stanislaw Dziwisz lui donna «comme viatique, quelques gouttes du sang du Christ». (apic/imedia/ms/js)



