Un président-général pris entre deux feux
Rome: Jean Paul II invite le président pakistanais à la tolérance dans l’islam
Rome, 30 septembre 2004 (Apic) Jean Paul II a invité le président pakistanais Pervez Musharraf à «favoriser l’esprit de dialogue et la tolérance dans sa religion», l’islam, lors de l’audience qu’il a accordée au général, chef de l’Etat, le 30 septembre 2004.
Le texte n’a pas été lu devant la délégation et les quelques journalistes accrédités pour suivre la rencontre, mais a été remis en mains propres au président pakistanais lors de l’entretien privé, d’une dizaine de minutes, entre les deux hommes, dans la bibliothèque du Palais apostolique au Vatican.
«En ces temps tumultueux et violents, je vous encourage, vous et vos compatriotes, à continuer à faire preuve d’esprit de dialogue et de tolérance dans votre région», a déclaré le souverain pontife dans le court salut qu’il a adressé au président, en visite officielle en Italie depuis le 28 septembre 2004. «Ce n’est qu’en reconnaissant le besoin de compréhension mutuelle entre les peuples à travers un échange franc et ouvert d’idées que le monde peut arriver à une véritable paix et à la justice», a conclu Jean Paul II.
A l’issue de sa rencontre avec le souverain pontife, le président, accompagné de l’ambassadrice du Pakistan près le Saint-Siège, Fauzia Mufti Abbas, a été reçu par le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat du Saint- Siège.
Les chrétiens sont 2,5% au Pakistan
La république islamique du Pakistan (les chrétiens ne représentent qu’environ 2,5 % des 155 millions d’habitants du pays) voisine de l’Afghanistan, est une fidèle alliée des Américains. Dès le 11 septembre 2001, le général Moucharraf s’est rallié à la «guerre contre le terrorisme», mais prône un islam modéré. Le 24 février 2004, à l’ONU, il a cependant déclaré que ses troupes ne se rendraient pas en Irak, comme le demandaient pourtant Washington et Bagdad.
Le président-général navigue entre deux eaux, en suivant la ligne américaine et tente d’éviter les foudres de groupes terroristes, qui ont tenté de le tuer par deux fois en décembre 2003. Il mène contre Al-Qaida et les talibans, une action non négligeable mais inachevée et tente de conforter son pouvoir en négociant avec les partis politiques islamistes tout en préservant les intérêts de l’armée, qui domine le pays.
Le président Musharraf a ainsi déclaré au président de la République italienne, Carlo Azeglio Ciampi, qui l’a reçu le 28 septembre, que «pour éliminer le terrorisme, il faut combattre la pauvreté et l’analphabétisme», selon sa théorie de la «modernisation éclairée», qui doit pouvoir éviter, selon lui, un conflit de civilisation. Jean Paul II avait déjà reçu le président pakistanais Zia Ul-Haq en 1982 et Muhammad Nawaz Sharif, Premier ministre de ce pays, avant le coup d’Etat du général Musharraf en 1999. (apic/imedia/hy/vb)



