La dernière visite de George Carey au pape

Rome: Jean Paul II reçoit le primat de l’Eglise anglicane au Vatican

Rome, 21 juin 2002 (APIC) Jean Paul II a reçu le primat de l’Eglise anglicane, l’archevêque George Leonard Carey, le 21 juin en audience privée. C’est la 6ème et dernière visite de l’archevêque de Canterbury au Vatican, puisqu’il quittera son poste à l’automne prochain.

Arrivé à Rome le 19 juin dans la soirée, l’archevêque de Canterbury a conclu son séjour par cette visite informelle à Jean Paul II. La veille, il s’était rendu dans les musées du Vatican, afin de voir l’exposition sur «l’anglicanisme et la tradition chrétienne occidentale» qui se tient jusqu’au 3 juillet. «C’est incroyable comme nous avons progressé dans nos relations», a déclaré l’archevêque au cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens à l’issue de la visite.

Au cours de la rencontre, Jean Paul II a particulièrement rappelé la déclaration commune signée avec George Carey, parlant de «progrès» dans les relations entre catholiques et anglicans, dont les fruits ont «commencé à apparaître» ces derniers mois. Il faisait notamment allusion à la création, au mois de janvier 2001, d’une nouvelle Commission internationale anglicane- catholique pour l’unité et la mission.

Cette visite de l’archevêque de Canterbury à Jean Paul II est la 6ème, la dernière remontant à juin 2001. C’est également la dernière, le prélat anglican ayant récemment annoncé qu’il se retirait de son poste en octobre prochain, après l’avoir occupé pendant onze ans. Son successeur devrait être nommé dans le courant du mois de juillet.

Dialogue entamé officiellement en 1970

Le dialogue entre catholiques et anglicans a commencé officiellement en 1970 à la suite de la rencontre entre l’archevêque de Canterbury de l’époque, Michael Ramsey, et le pape Paul VI, en mars 1966. L’admission des femmes au sacerdoce dans l’Eglise anglicane et la question du rôle et de l’autorité du pape, sont les obstacles majeurs au dialogue entre les deux Eglises, malgré de bons rapports généraux.

Outre ces débats théologiques, une question symbolique reste par ailleurs sans réponse à ce jour, mais pourrait favoriser le rapprochement entre catholiques et anglicans si une réponse positive venait de la Communion anglicane. Tout membre de la famille royale a en effet l’interdiction formelle d’épouser un ou une catholique, selon une disposition juridique datant de 1701. En revanche, un mariage avec un bouddhiste ou un musulman, par exemple, est autorisé. Interrogé par l’APIC, le cardinal Kasper a affirmé souhaiter la révision de cette loi qu’il juge «archaïque et discriminatoire, à la fois pour les catholiques et pour les anglicans». (BB)

Encadré :

Anneau porté lors de la visite au pape

A l’occasion de sa visite à Jean Paul II, l’archevêque Carey a récupéré l’anneau que Paul VI avait offert à son prédécesseur en 1966, le Dr. Michael Ramsey, et que, depuis, le primat de la Communion anglicane porte à chaque visite au pape.

Exposé dans les musées du Vatican à l’occasion de l’exposition sur «l’anglicanisme et la tradition chrétienne occidentale», l’objet a été retiré le temps de la visite de George Carey à Jean Paul II, puis remis à sa place dès la fin de la visite. (apic/imedia/bb)

21 juin 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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