Agir dans une société aliénée par l’égoïsme et la violence
Rome: Jean Paul II reçoit les évêques boliviens en visite Ad limina
Rome, 14 avril 2002 (APIC) Le pape a reçu les évêques de la Conférence épiscopale de Bolivie, le 13 avril au Vatican, à l’occasion de leur visite Ad limina. Dans son discours, il a procédé à une analyse des catégories sociales et religieuses de ce pays où vivent 8 millions de personnes dont 90% de catholiques. Il a demandé à ces derniers d’être des «champions» dans une société aliénée par l’égoïsme et la violence.
Abordant tout d’abord le manque de vocations sacerdotales, Jean Paul II a partagé «l’inquiétude» des évêques. Qualifiant de «délicat» le travail des évêques dans ce domaine, il leur a demandé d’avoir «de l’audace et de la patience». Le pape a également insisté sur l’importance d’une formation dans les séminaires qui soit «adéquate» à la société bolivienne. «Je pense à la nécessité d’une fraternité sacerdotale qui ne comporte aucune forme de malveillance ou de discrimination», a-t-il cité en exemple, soulignant en outre «l’indispensable obéissance, sans réticence, à son évêque», ainsi que «l’accueil sincère et effectif du célibat» et «l’indifférence envers les biens matériels».
Un «signe de vitalité» de l’Eglise en Bolivie a par ailleurs été souligné par Jean Paul II qui a fait allusion aux «nombreuses» personnes consacrées et aux laïcs engagés. «Leur présence est particulièrement importante aux endroits où il est impossible de compter sur le prêtre pour présider la communauté», a-t-il expliqué. Constatant en outre «les rapides et profondes transformations que connaît actuellement la société bolivienne», le pape a demandé aux évêques de ne pas «lésiner» sur les moyens de formation des laïcs face à cette société «qui exige le respect des principes éthiques».
Mise en garde contre le prosélytisme des sectes
Jean Paul II a poursuivi son discours aux évêques de Bolivie en les mettant en garde contre «l’avancée prosélyte» des sectes «qui profitent des racines de l’Eglise». Parlant d’un «phénomène douloureux», le pape les a invités à être «fermes dans la foi».
Faisant enfin allusion «à la délicate situation sociale» que traverse la Bolivie, avec notamment «ses germes de violence et de conflits», Jean Paul II a encouragé les évêques à servir de médiateurs dans les différentes initiatives de pacification en cours. S’adressant en particulier à tous les croyants boliviens, le pape a conclu en leur lançant un appel «à être les champions dans une société aliénée par toutes formes de favoritisme égoïste, de violence ou de manque de respect aux droits de l’homme».
A la fin de l’audience, Jean Paul II a par ailleurs reçu les participants à la mission citadine pour les Latino-américains résidants à Rome. Cette mission, lancée pendant le carême, consiste à porter l’évangile dans les familles d’Amérique du Sud immigrées à Rome, jusqu’au 9 juin prochain. Les 250 missionnaires laïcs engagés à cet effet ont été présentés au pape à l’occasion de l’audience. La seule ville de Rome compte près de 70’000 immigrés latino-américains. (apic/imed/bb)



