Plaidoyer pour une évangélisation urbaine

Rome: Jean Paul II reçoit les évêques canadiens de l’Ontario

Rome, 4 mai 1999 (APIC) Jean-Paul II a reçu mardi l’ensemble des évêques canadiens de la région de l’Ontario, venus à Rome en visite «ad limina». Le pape a insisté sur le «formidable défi que représente aujourd’hui pour l’Eglise l’évangélisation de la culture urbaine».

L’Eglise est appelée à entreprendre une évangélisation urbaine méthodique et d’une grande portée a affirmé le pape, dans la mesure où le phénomène des grandes villes fait naître «une culture de discrimination et d’indifférence, et conduit à de nouvelles formes d’exploitation et de domination».

Pour beaucoup et spécialement pour les jeunes, a précisé Jean Paul II, la ville devient une expérience de déracinement, d’anonymat et d’inégalité, avec comme conséquence une perte d’identité et du sens de la dignité humaine. Le résultat est souvent la violence qui a sa source dans une déception liée à une perte de confiance dans les institutions, qu’il s’agisse d’institutions politiques, légales ou éducatives, mais aussi de l’Eglise et de la famille.

D’après Jean Paul II, les éléments de cette nouvelle évangélisation urbaine sont la catéchèse, la liturgie et l’organisation des structures pastorales. L’objectif est une expérience nouvelle et plus profonde de la communauté dans le Christ. «Là où cette expérience est fragile», a-t-il ajouté, «on peut s’attendre à ce que davantage de fidèles se détachent de la religion ou dérivent vers des sectes et vers des groupes pseudo-religieux».

Jean Paul II a ensuite mis en évidence le rôle capital des missionnaires «laïcs urbains» et des prêtres «vraiment zélés», habités par l’esprit missionnaire, en demandant que les séminaires et les maisons de formation soient clairement vus comme des écoles pour la mission.

Par ailleurs la paroisse reste «le lieu privilégié» pour conduire les fidèles à demeurer en intimité avec le Christ, a affirmé le pape, en montrant la nécessité d’un profond esprit de fraternité entre les membres d’une même communauté, pour éviter l’anonymat des villes. «On peut peut-être trouver un moyen de renouvellement paroissial en considérant la paroisse comme une communauté de communautés, pour favoriser cet esprit de fraternité à travers de petites structures».

Enfin, Jean Paul II a insisté sur le rôle des écoles et des autres institutions catholiques dans l’évangélisation des villes, en mettant en garde contre les influences liées à la sécularisation – influences parfois lourdes au Canada – qui risquent d’affecter leur identité catholique. (apic/imed/ab)

4 mai 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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