Il demande aussi à Fidel Castro de respecter la liberté religieuse
Rome: Jean Paul II souhaite la levée de l’embargo américain sur Cuba
Rome, 9 janvier 2005 (Apic) Jean Paul II souhaite que l’embargo américain sur Cuba soit levé. Il a également demandé que le régime de Fidel Castro respecte la liberté religieuse.
Le pape a souhaité que l’embargo américain sur Cuba soit levé, afin de permettre le développement de l’île. C’est ce qu’il a déclaré à Raul Roa Kouri, nouvel ambassadeur cubain près le Saint-Siège, venu lui remettre ses lettres de créance le 8 janvier 2005. «Le Saint-Siège souhaite vivement que l’on puisse dépasser dès que possible les obstacles qui empêchent la libre communication et l’échange entre la nation cubaine et une partie de la Communauté internationale. Il s’agit de renforcer ainsi, par un dialogue respectueux et ouvert avec tous, les conditions nécessaires pour un développement authentique», a déclaré le souverain pontife.
L’embargo commercial et politique des Etats-Unis contre le régime communiste de Fidel Castro a été mis en place en 1962, renforcé en 1992 et 1996 ainsi qu’en mai 2004. Lors de sa visite historique dans l’île en janvier 1998, Jean Paul II avait déjà appelé à la levée de ces mesures politiques et financières.
En seconde partie de son intervention auprès de Raul Roa Kouri, nouvel ambassadeur cubain près le Saint-Siège, le pape a insisté sur le rôle de l’Eglise catholique à Cuba. «Pour que l’action de l’Eglise au sein du peuple cubain soit plus efficace pour la promotion du bien commun, elle a besoin d»une atmosphère de véritable liberté religieuse», a déclaré le pape.
«Dans toute société pluraliste, l’Eglise présente ses orientations et ses propositions. Celles-ci peuvent se heurter à des points de vue divergents de la part de ceux qui ne professent pas sa foi», a-t-il poursuivi. Mais, «les divergences ne doivent pas prendre la forme d’un conflit social. Elles devraient plutôt favoriser un dialogue constructif «.
Officiellement, la liberté religieuse est garantie à Cuba
La Constitution cubaine de 1976 proclame les objectifs athées et matérialistes du gouvernement, tout en garantissant officiellement la liberté religieuse. Pourtant, les activités religieuses sont strictement contrôlées dans le pays. En septembre 2003, les évêques cubains ont exprimé, pour la seconde fois depuis la révolution castriste de 1959, leurs préoccupations en la matière. L’Eglise catholique cubaine a ainsi interpellé le gouvernement de Fidel Castro sur le «retour au langage et aux méthodes idéologiques des premières années de la révolution». L’Eglise catholique cubaine a même reproché au gouvernement de «faire marche arrière en matière d¹ouverture économique, ainsi que de fermer des espaces à l’action de l’Église dans la société cubaine, y compris dans l’espace politique.
La visite de Jean Paul II dans l’île en 1998 avait conduit à la libération de près de 300 prisonniers politiques. En avril 2003, le Vatican avait demandé un nouveau geste de clémence en faveur de dissidents politiques emprisonnés.
Le nouvel ambassadeur, âgé de 64 ans, ancien représentant de son pays à Paris (1994-1998), vice-ministre des Affaires étrangères (1984-1992) est aussi président depuis 2000 de la Commission cubaine pour l’UNESCO. Le pape l’a assuré de son «intérêt» pour les efforts de Cuba dans le domaine du la santé et de l’éducation. En effet, le Vatican considère qu’assurer de bonnes conditions à l’existence est «l’un des piliers de la paix. Celle-ci n’étant pas seulement l’absence de guerre», a expliqué le souverain pontife.
Le pape a poursuivi en relevant que Cuba avait fait preuve de solidarité, en envoyant à l’étranger une logistique pour subvenir aux besoins fondamentaux de populations frappées par des calamités naturelles, des conflits ou la pauvreté». Dans son adresse au souverain pontife, le nouvel ambassadeur avait insisté sur le rôle des médecins cubains dans l’aide humanitaire apportée en Haïti et en Afrique (apic/imedia/hy/vb)



