Rome: Jean Paul II transmet ses consignes à l’évêque chargé du sanctuaire de Padre Pio

Attention aux abus dans «la discipline ecclésiastique»

Rome, 11 mars 2004 (Apic) Un an après avoir nommé Mgr Domenico Umberto d’Ambrosio délégué pontifical pour le sanctuaire de Padre Pio à San Giovanni Rotondo, Jean Paul II lui a transmis des consignes précises concernant ce lieu de culte international, dans une lettre envoyée le 22 février 2004, et publiée par le Bureau de presse du Saint-Siège, le 11 mars 2004. L’évêque chargé d’administré le sanctuaire devra notamment être vigilant afin que «n’apparaissent pas des abus dans la discipline ecclésiastique»

La nomination comme délégué pontifical du sanctuaire, le 8 mars 2003, de l’évêque de Manfredonia-Vieste-San Giovanni Rotondo, avait ouvert une crise avec les capucins qui, jusque-là, géraient eux-même le lieu où a vécu Padre Pio, canonisé le 16 juin 2002 par Jean Paul II. Les capucins du lieu avaient alors parlé de «climat de persécution», mais aussi de «rapt du trésor» du saint.

Ce sanctuaire, un des plus fréquentés au monde, produit un chiffre d’affaires annuel de près de 100 millions d’euros. Plus de huit millions de fidèles se rendent chaque année dans le petit village qui a une capacité hôtelière proche de 6’500 lits. Ces hôtels feraient un chiffre d’affaires annuel de plus de 500 millions d’euros. 3’000 personnes sont en outre directement employées par ces structures et par les produits dérivés liés à l’image du Padre Pio. L’hôpital fondé par Padre Pio a, de plus, une capacité de 2’800 lits environ.

Une évidence

Dans sa lettre du 22 février 2004, le pape a souligné que «la prière et la charité» constituent l’héritage spirituel du saint. Un héritage qui doit «continuer à être vécu et témoigné par ceux qui souhaitent maintenir vivre cette spiritualité dans le monde d’aujourd’hui».

Pour Jean Paul II, «à la lumière de l’immense augmentation de l’influence qu’exerce la spiritualité du saint dans le monde, la nécessité d’unir plus étroitement le sanctuaire et le Saint-Siège était devenue évidente».

S’adressant au néo-délégué pontifical, il lui a confié «le soin de ce lieu de culte» et le soin «de veiller aux charismes que l’Esprit a suscités». Il devra, en outre, «favoriser les oeuvres d’apostolat (.) coordonnant de manière adéquate leur activité régulière» et être vigilant afin que «n’apparaissent pas des abus dans la discipline ecclésiastique».

A propos des capucins

Jean Paul II a précisé que l’évêque devait prendre soin de «veiller à l’apport de la communauté des capucins qui, déjà depuis de nombreuses années, avec zèle et un esprit de sacrifice, assure généreusement le ministère de l’annonce de la parole et de la célébration des sacrements et qui continuera, à titre particulier, cette mission».

A propos des religieux, le pape a repris des paroles qu’il avait prononcées en 1981 devant les supérieurs généraux des ordres et des congrégations religieuses, insistant sur «la profonde conscience ecclésiale» nécessaire ainsi qu’un «effort constant pour vivre avec l’Eglise, pour l’Eglise et dans l’Eglise». Dans ce discours, il avait aussi noté l’importance de la «docilité des religieux envers les pasteurs qui conduisent l’Eglise et leur devoir de s’insérer dans la vie des Eglises particulières».

Large attribution

Comme délégué pontifical, Mgr D’Ambrosio devient aussi président de la fondation Maison de soulagement des souffrances, OEuvre de Padre Pio de Pietrelcina (l’hôpital fondé par Padre Pio), ainsi que directeur général de l’Association internationale des Groupes de prières. (apic/imedia/pr)

11 mars 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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