Benoît XVI dénonce les multiples attentats contre la paix

Rome: Journée mondiale de la paix 2007

Rome, 12 décembre 2007 (Apic) Dans son Message écrit pour la Journée mondiale de la paix 2007, Benoît XVI dénonce l’»attentat contre la paix» que représentent le terrorisme, mais aussi la famine, l’avortement, la recherche sur les embryons et l’euthanasie.

Pour la Journée mondiale de la paix 2007, Benoît XVI réclame le respect de la liberté religieuse. Il insiste aussi sur le démantèlement des armes nucléaires, «ombres menaçantes» pour l’humanité. Dans le message rendu public par le Bureau de presse du Saint-Siège, le 12 décembre 2006, le pape souligne aussi que la paix est «à la fois un don et une tâche».

Au coeur de son traditionnel message, Benoît XVI invite l’humanité à respecter la loi naturelle. Il dénonce «toutes les terribles violations» à l’égard du «droit à la vie». «Outre les victimes des conflits armés, du terrorisme et des multiples formes de violence, il y a les morts silencieuses» poursuit-il. Celles provoquées par la faim, l’avortement, l’expérimentation sur les embryons et l’euthanasie»,

Le pape précise en outre que «celui qui jouit d’un plus grand pouvoir politique, technologique, économique, ne peut pas s’en prévaloir pour violer les droits des personnes moins chanceuses». Alors que l’Eglise «revendique en particulier le respect de la vie», mais aussi «la liberté religieuse de chacun». Concernant ce dernier point, Benoît XVI évoque la situation particulière des chrétiens, qui ne sont pas seulement «empêchés de professer leur foi» mais, «dans certains Etats (.) persécutés». «Il y a des régimes qui imposent à tous une religion unique, tandis que des régimes indifférents nourrissent, eux, non pas la persécution, mais la dérision culturelle systématique des croyances religieuses», regrette encore le souverain pontife.

Benoît XVI qualifie également d’inadmissibles «les conceptions de Dieu qui incitent à l’intolérance envers nos semblables et au recours à la violence», rappelant qu’»une guerre au nom de Dieu n’est jamais acceptable».

Pour le démantèlement des armes nucléaires

Sans citer l’Iran ou la Corée du Nord, il fait aussi part de sa vive inquiétude face à «la volonté manifestée récemment par certains Etats de se doter d’armes nucléaires», affirmant que «le climat d’incertitude et de peur» qui se diffuse «fait revenir en arrière, aux peurs et aux angoisses de la période de la guerre froide». Après s’être inquiété des «ombres menaçantes» qui continuent à s’amonceler à l’horizon de l’humanité, le pape affirme que la solution passe par des accords internationaux en vue de la non-prolifération des armes nucléaires, mais aussi par «leur diminution et leur démantèlement définitif».

Après avoir invité les organisations internationales à ne pas perdre de vue «le fondement naturel des droits de l’homme», le pape a rappelé l’exigence de respect du droit international humanitaire. Dans une référence implicite à Israël, il déplore que ce droit n’ait pas été respecté dans le récent conflit au Liban sud, «où l’obligation de protéger et d’aider les victimes innocentes et de ne pas impliquer les civils a été en grande partie négligée».

La condition de la femme, explique par ailleurs Benoît XVI, si elle est «insuffisamment prise en considération, introduit aussi des facteurs d’instabilité dans l’ordre social». Il a alors cité «l’exploitation de femmes traitées comme des objets» mais aussi les «nombreuses formes de manque de respect «. Ainsi, le pape dénonce la vision persistante, dans certaines cultures, qui réserve aux femmes une place fortement soumise à l’arbitraire de l’homme».

Dans un autre paragraphe, le pape insiste sur «les liens qui existent entre l’écologie naturelle et l’écologie humaine». «La destruction de l’environnement, son usage impropre ou égoïste et la mainmise sur les ressources de la terre engendrent des conflits et des guerres. Et cela «parce qu’ils sont le fruit d’une conception inhumaine du développement» écrit Benoît XVI. Il s’interroge alors sur les «injustices» et les «oppositions» que peut provoquer «la course aux sources d’énergies».

Le respect de la loi naturelle, pont entre croyants et non croyants

Convaincu que la paix est «à la fois un don et une tâche», le souverain pontife estime que «les normes du droit naturel ne doivent pas être considérées comme des directives s’imposant de l’extérieur, contraignant presque la liberté de l’homme». Il invite alors à la reconnaissance et au respect de la loi naturelle qui constituent «le grand fondement du dialogue entre les croyants des diverses religions, et entre les croyants et non-croyants eux-mêmes». «Les droits de l’homme impliquent des devoirs», explique encore le pape qui cite le mahatma Gandhi selon lequel «le Gange des droits descend de l’Himalaya des devoirs».

En préambule de son message, Benoît XVI explique qu’il entend adresser «en particulier» ses «voeux de paix (.) à ceux qui sont dans la douleur et dans la souffrance, à ceux qui vivent menacés par la violence et par le langage des armes ou encore à ceux qui, bafoués dans leur dignité, attendent leur réintégration humaine et sociale». Le pape fait spécialement mention des enfants, qui, «par leur innocence, enrichissent l’humanité (,,,) et qui, par leurs souffrances, nous incitent à être des artisans de justice et de paix». Il rappelle encore que le thème du message – ’Personne humaine, coeur de la paix’ – est spécialement adressé aux enfants «dont l’avenir est compromis par l’exploitation et par la méchanceté d’adultes sans scrupules». (apic/imedia/ami/vb)

12 décembre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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