Des organismes étatiques ou internationaux sont corrompus

Rome: Justice et Paix demande une autorité internationale de lutte contre la corruption

Rome, 4 octobre 2006 (Apic) Le Conseil pontifical Justice et Paix donne des clefs pour lutter contre la corruption et demande la constitution d’une autorité internationale en la matière, dans une note rendue publique par le Bureau de presse du Saint-Siège, le 4 octobre. Le petit livret d’une quinzaine pages daté du 21 septembre 2006 s’en prend à la «lenteur de la justice», à la «faible moralité», à la «tolérance de la transgression» ou encore à aux «organismes étatiques ou internationaux» corrompus.

«Nombreux sont ceux qui souhaitent la constitution d’une autorité internationale contre la corruption, qui jouisse d’une capacité d’action autonome, en collaboration aussi avec les Etats, et capable de vérifier les délits de corruption internationale et de les punir», peut-on ainsi lire dans la note du Conseil pontifical Justice et Paix. Intitulé ’la lutte contre la corruption’, le document du Vatican souligne qu’il est «très important que les responsabilités d’actes illicites soient mises en lumière et que les coupables soient punis».

La note précise que la corruption, qui «ne connaît de frontière ni politique ni géographique», est «présente dans tous les secteurs sociaux» et «ne peut être attribuée uniquement aux opérateurs économiques, ni aux agents publics». «La société civile elle non plus n’est pas exempte», est-il aussi indiqué, tout autant que «les Etats» ou «les organismes internationaux». Pour lutter contre la corruption, le conseil pontifical juge donc nécessaire de développer la collaboration internationale entre les gouvernements, au moins dans le domaine juridique et en matière d’extradition.

Les paradis fiscaux favorisent la corruption

«La corruption est favorisée par le peu de transparence dans la finance internationale, par l’existence de paradis fiscaux», souligne encore le document qui ajoute que, «dans les pays en voie de développement», elle est «parfois l’oeuvre de compagnies occidentales ou même d’organismes étatiques ou internationaux, ou encore l’initiative d’oligarchies locales corrompues». Le document du Vatican qualifie aussi la corruption de «fait très grave de déformation du système politique», de phénomène qui empêche «la promotion de la personne et rend les sociétés moins justes et moins ouvertes», et qui «prive les peuples d’un bien fondamental, à savoir la légalité».

Pour lutter contre ce fléau, l’Eglise met en avant ’l’écologie humaine’ et propose les principes de sa doctrine sociale. «Si la famille n’est pas mise en condition de pouvoir remplir son rôle éducatif, si des lois contraires au bien authentique de l’homme – comme celles opposées à la vie – nuisent à l’éduction des citoyens à propos de ce qu’est le bien, si la justice ne procède qu’avec trop de lenteur, si la moralité de base est affaiblie par la tolérance de la transgression, si les conditions de vie sont détériorées, si l’école n’accueille ni n’émancipe, alors il n’est pas possible de garantir cette ’écologie humaine’ dont l’absence favorise ensuite le phénomène de la corruption», affirme le document.

Le Conseil pontifical Justice et Paix, qui demande «une attention particulière» pour les pays pauvres, indique que «la lutte contre la corruption est une valeur, mais aussi un besoin», que la corruption est «un mal, mais aussi un coût». Selon le document, «l’abandon de pratiques corrompues peut engendrer le développement et le bien-être», c’est pourquoi «les comportements honnêtes doivent être encouragés, et les malhonnêtes punis».

La note rendue publique le 4 octobre 2006, est signée par le cardinal Renato Raffaele Martino et Mgr Giampaolo Crepaldi, respectivement président et secrétaire du Conseil pontifical Justice et Paix. Elle est le résultat d’une conférence internationale sur le thème de ’la lutte contre la corruption’ organisée les 2 et 3 juin 2006 au Vatican. Publié en plusieurs langues dont le français, le livret est édité par la Librairie Editrice du Vatican. (apic/imedia/pad/ami)

4 octobre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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