Hommage à son premier président, Jérôme Lejeune
Rome: L’Académie pontificale pour la vie fête ses 10 ans
Rome, 20 février 2004 (Apic) Jean-Paul II a adressé un message de soutien aux académiciens réunis le 19 février en assemblée pour les dix ans de l’Académie pontificale pour la vie. A mesure que les années passent, l’importance du travail de cette académie devient toujours plus évidente, a affirmé le pape. Les participants ont rendu un vibrant hommage au généticien français Jérôme Lejeune, héraut de la lutte contre l’avortement.
Dans son message, lu par le vice-président de l’Académie, Mgr Elio Sgreccia, Jean Paul II a exprimé «sa gratitude» envers cette institution, pour «le service apporté à l’Eglise et à la société civile» durant ses dix premières années d’existence. Ce service consiste «en la collaboration avec les organismes doctrinaux et pastoraux du Saint-Siège», en ce qui concerne «les données et les connaissances nécessaires pour les décisions concernant la vie, à assumer dans un cadre moral».
Le pape a par ailleurs demandé à l’Académie un engagement particulier pour sensibiliser les chercheurs à «l’enrichissement bénéfique qui résulte de «a conjugaison de la rigueur scientifique et des instances d’anthropologie et d’éthique chrétienne dans l’environnement biomédical». Jean Paul II a enfin insisté «sur l’importance de la présence des catholiques dans le domaine culturel, dans les mondes scolaire et universitaire, et dans ceux de la recherche scientifique et technique».
Jérôme Lejeune, premier président de l’Académie pontificale pour la vie
Cette première journée de colloque a débuté par la commémoration de la figure du professeur Jérôme Lejeune, généticien français et premier président de l’Académie pontificale pour la vie. «Rendre hommage à un homme de bien est oeuvre de simple justice et il est fort heureux que notre compagnie ait inscrit au programme officiel de son dixième anniversaire ce besoin spontané d’exprimer notre reconnaissance à son premier président», a déclaré Jean-Marie Le Méné. Membre français de l’Académie pontificale et président de la Fondation Jérôme Lejeune, il est intervenu au cours de cette première journée consacrée à la rétrospective sur les dix ans de l’Académie.
Le correspondant français a alors décrit son prédécesseur comme quelqu’un qui n’avait «jamais cessé d’être au service de la vie, comme scientifique et comme médecin». «Pour lui, il était impensable de tuer d’une main et de soigner de l’autre, ou plutôt de tuer les enfants qu’on n’est pas capable de guérir. Chaque fois qu’il entendait parler d’avortement à propos des malades dont il s’occupait – car les premières campagnes en faveur de l’avortement ont surtout attaqué les enfants trisomiques -, il avait l’impression que s’il ne les défendait pas, lui qui était leur médecin, personne ne le ferait», a ainsi raconté l’ami du professeur Lejeune. «Même quand la nature condamne, le devoir du médecin n’est pas d’exécuter la sentence, mais bien de tenter de commuer la peine» aimait à rappeler le généticien français.
Scientifique de renommée mondiale, Jérôme Lejeune a découvert la trisomie 21 en 1959, ouvrant alors la porte à une nouvelle science, la «cytogénétique». C’est en 1964, qu’on a créé pour lui la première chaire de génétique fondamentale à la faculté de médecine de Paris. Egalement directeur de recherche au CNRS et chef de service à l’hôpital Necker Enfants Malades, il a reçu en 1969 le prestigieux «William Allen Memorial Award». Appelé par le pape Paul VI à l¹Académie pontificale des sciences en 1974, et plusieurs fois nominé pour le Nobel, il a été membre de l’Institut de France (académie des sciences morales et politiques) en 1982, et de l’académie nationale de médecine en 1984.
Cette première journée, consacrée au 10e anniversaire de la fondation de l’Académie, devait se terminer par un concert présidé par Mgr Marco Frisina dans la salle Paul VI.
Les nouvelles technologies reproductives et leurs implications
Les travaux des 19, 20 et 21 février, centrés sur le thème de la reproduction, suivront la méthodologie propre à l’Académie. La démarche de recherche sera pluridisciplinaire, à savoir scientifique, anthropologique, théologique, éthique, juridique et technologique. Les participants aborderont d¹abord les nouvelles technologies reproductives et leurs implications anthropologiques, sous un profil expérimental et eugénique. En un deuxième temps, les travaux porteront sur leur pertinence éthique et les répercussions de la procréation artificielle dans le domaine médical, spirituel et juridique. Enfin, l’exploration des possibilités alternatives à la procréation artificielle avec une référence particulière à la prévention de l’infertilité, aux thérapies médico-chirurgicales de la stérilité, et le recours à l’adoption, feront l¹objet de la dernière journée des discussions.
Un communiqué final synthétisant les principes et les conclusions des travaux de l’assemblée sera publié dès le 22 février, avant que les actes conclusifs ne soient rassemblés dans un livre au cours de l’année. (apic/imedia/bb)



