Distinguer entre refus d’un traitement et suicide assisté

Rome: l’Académie pour la vie débat de l’euthanasie

Rome, 25 février 1999 (APIC) La deuxième journée de la 5e Assemblée générale de l’Académie pour la Vie réunie au Vatican a été consacrée à la réflexion sur l’euthanasie. Si le droit pour un patient de refuser tout traitement, même pour un prolongement de la vie, est fermement établi, il n’existe aucune justification pour le suicide assisté, ont relevé les experts.

Parmi les intervenants qui ont pris la parole jeudi, le professeur Richard Fenigson a apporté des éléments de réflexion morale sur l’euthanasie. Pour le professeur, docteur en médecine et en philosophie, il est important de bien distinguer les deux actes profondément différents que sont le suicide assisté et le refus de traitement pour prolonger la vie.

De ce fait, cet expert soutient que la question morale ne se pose qu’au moment crucial où le patient est sur le point de mourir, en d’autres termes «lorsque toute thérapie devient futile» et que la mort est imminente et inévitable. Pour le professeur Fenigson, l’obstination thérapeutique «est l’échec des capacités professionnelles et un manque de bon sens». «L’erreur opposée, qui permet la mort de patients qui pourraient rester en vie, est un échec moral, très souvent dû à un endoctrinement idéologique».

Dans la pratique aujourd’hui, des décisions arbitraires de suspendre un traitement deviennent «un sérieux problème» et «peuvent mener à des morts prématurées et non nécessaires». Le professeur Fenigson pense ainsi qu’il faut aider les gens à faire une profonde réflexion en la matière, «en exposant la vilaine réalité de l’euthanasie et toute son absurdité» afin de «prévenir tout acte législatif insensé».

Aucun argument juridique pour justifier l’euthanasie active

Kurt Schmoller, professeur de droit pénal à l’Université de Salzbourg estime de son côté qu’il n’existe du point de vue juridique aucun argument convainquant qui permette de légaliser ou justifier l’euthanasie active directe. C’est en effet moins un problème de «dignité humaine» que de «valeur de la vie humaine», explique-t-il. Pour le professeur Schmoller, si une personne désire et met en acte une euthanasie ou bien la rejette, «on peut clairement affirmer que sa dignité humaine n’est pas violée». En revanche, «le critère premier pour juger si une euthanasie directe active est un acte illégal, c’est la valeur de la vie humaine que le système légal doit fondamentalement sauvegarder».

Cependant, rejeter toute justification de l’euthanasie directe active ne veut pas dire qu’un tel acte doive obligatoirement être puni par la loi. «Le rôle de la loi n’est pas de faire respecter par tous les exigences de l’éthique ou de la moralité de manière la plus compréhensible possible, mais seulement de sauvegarder une vie commune en paix», relève-t-il.

Quant au suicide assisté, le professeur de droit pénal affirme qu’il reste un acte illégal alors qu’un traitement palliatif susceptible de raccourcir la vie, appelé communément euthanasie indirecte, «est en général légalement admissible». (apic/imed/mp)

25 février 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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